Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

L'amour en sursis

 

…………………………………………………………………………….……………… 28ème épisode

u5mzmi6x

Christiane, plutôt réceptive au charme et aux avances de Jean-Marc, choisit de laisser agir la destinée. Effectivement, un soir, il lui proposa de la raccompagner en voiture. Elle accepta. Il ne fit que la déposer au coin de sa rue et repartit. Les jours suivants, le même manège se reproduisit !! Après avoir médité sur le problème, la belle, en déduisit que, craignant de franchir le pas, il tournait autour du pot ! S’il escomptait qu’elle se jette dans ses bras, il attendrait longtemps ! Conclut-elle, en prenant l’ascenseur. De toute évidence, on ne peut jurer de rien dans la vie ! Effectivement, un soir, il l’a raccompagna. Cependant, au lieu de lui tendre la main pour lui dire au revoir, il s’invita de butte en blanc à boire un verre chez elle. Christiane, prise de court, en resta bouche bée ! Désarçonnée, elle se rassura, en se disant que ça ne l’engageait en rien… Il suffirait qu’elle garde la tête froide !

 

La source de toutes mes joies, perturbée par l’idée que Jean-Marc, fût son supérieur hiérarchique, ressentait un vague sentiment de culpabilité. Mal à l’aise, elle avait la la vague impression d’être sur le point de commettre une faute. De toucher au sacro-saint !! Et lui ? Qu’éprouvait-il ? En tant qu’homme marié, adulte et responsable de ses actes, il ne donnait pas le sentiment d’être perturbé ; pas le moindre du monde ! Une fois entrés dans le petit appartement, avant de faire le service, Christiane, lui proposa de se mettre à l’aise. Elle lui servit un Whisky (son péché mignon), un Martini pour elle et, s’installa à ses côtés. Chin !! Ils trinquèrent les yeux dans les yeux. Tout en dégustant leur verre, chacun des protagonistes savait en son for intérieur, quels seraient l’intrigue et l’épilogue de la soirée. « C’est fou que le temps passe vite ! », lui fit6IL remarquer, en regardant sa montre. A l’intonation de sa voix, Christiane, eut l’intuition qu’il n’attendait qu’une chose ; qu’elle lui proposât de rester ! Ce qu’elle fit. Lui, acceptat, sans se faire prier. Jolis sets, belle vaisselle et ce que la belle, considérait comme élémentaire : des bougies et de la musique. L’adagio d’Albinoni mis en sourdine (pour ne pas gêner ses voisins), qui se prêtait aux circonstances.

 

Le dîner se déroula dans une ambiance feutrée. Dans la pénombre, l’ondulation lumineuse des bougies reflétait dans leurs regards, toute l’acuité de leur désir. Le jeu des ombres tranquilles donnaient à la pièce une ambiance de mystères et de contes de fées. Christiane, au mépris de ce qu’on lui avait inculqué, quitta sa chaise pour se rapprocher de Jean-Marc, qui s’empressa de l’attirer sur ses genoux. Assise et blottie contre son buste viril, elle enfouit sa tête dans la douceur exquise de son cou. Ainsi, ils restèrent de longues minutes. Comme si le temps n’existait plus. Doucement, il releva son visage, qu’il rapprocha du sien. Le regard plongé dans ses prunelles orangers, ses lèvres effleurèrent sa bouche entr’ouverte, comme le nénuphar s’ouvre à la rosée. Leurs lèvres, réunies dans la fougue d’un baiser, Christiane, s’abandonna sans entrave à ses caresses. Jean-Marc, faufilant ses mains sous son tee-shirt, se prit à titiller la pointe de ses seins fermes et palpitants. Conquis par le velouté de sa peau, il souleva le tissus jusqu’au niveau des ses épaules, qui laissa jaillir une poitrine frémissante et aguicheuse. Telles deux poires bien mures, il s’en en empara et tout en les malaxant, posa ses lèvres sur les boutons roses en emplissant sa bouche de la chair tendre et gonflée. Elle, les tempes battantes, émit un sourd gémissement. Puis, brûlant de désir, sans rien précipiter, il entreprit d’achever ce qu’il avait commencé. Avec des gestes précis, le regard admiratif, il tenait à explorer chaque parcelle de son corps  aux courbes pulpeuses et sensuelles. Ses mains douces, habiles et expertes, s’égaraient dans chaque méandre de sa chair. Provocante et offerte, Christiane, enlaça Jean-Marc, qui la souleva de terre. Jamais, elle n’avait éprouvé une telle attirance pour un homme. Lui, la sentant vulnérable et soumise, la porta jusque dans la chambre et se laissa tomber avec elle, sur le lit moelleux.

 

Jean-Marc, partit dans la nuit sans réveiller Christiane, qui était désormais sa maîtresse. Le lendemain, la terre continuait de tourner et le soleil, se leva à l’Est, comme à son habitude ! A présent, il allait falloir faire face aux tristes réalités de la vie. Christiane redoutait cette première journée : l’incontournable confrontation avec l’homme dont elle se savait éperdument amoureuse. Hélas, elle ne mesurait pas encore les difficultés qu’allait engendrer l’intimité de leur relation… Entre un Directeur d’Entreprise et sa secrétaire. Quoi de plus banal ! Me direz-vous… Pas tant que cela ! Car JM.D, à l'inverse de beaucoup de patrons, avait une étique toute personnelle et le sens des convenances ! Pas question de mélanger les relations privées avec celles du travail ! Les règles étaient les règles et Christiane, devait les respecter comme lui-même les respectait ! Leur couple différait des images stéréotypées que l’on peut voir dans certains films. Le style de patron lubrique qui s’enferme à double tour avec sa secrétaire, pour s’adonner l’espace d’un instant, aux plaisirs de la chair. Pas du tout !!

 

En quelques jours, la jeune femme put constater que son amant, tout en faisant le maximum pour ne pas la chagriner, affichait la même décontraction et la même spontanéité, aux yeux de son personnel. Les deux amoureux se voyaient deux fois par semaine. Or, fréquemment, il se présentait des impondérables. Dans ce cas, J.M.D refilait des petits mots pliés en quatre à sa maîtresse, sur lesquels il annotait les causes, quand, l’heure, le jour et le nec + ultra, des mots affectueux rehaussés de « Je t’aime » rassurants. Et ceci, bien sûr, avec toujours avec le même naturel qui lui était propre. S’il en avait l’occasion, il lui lançait un clin d’œil de complicité ou un sourire stimulant… Mon essentiel n’était pas dupe. Elle se doutait que ces contretemps – le plus souvent - étaient le fait de sa moitié qui, le soupçonnant, devait ruer dans les brancards. Ou alors, elle avait faux sur toute la ligne. Ils filaient tous les deux le parfait amour, sans qu’elle-même, ne suspecte quoi que ce soit ! Sûr, qu'elle aurait aimé être petite souris…

 

Lorsque les amants passaient la soirée ensemble, soit, ils dînaient au restaurant ou bien, chez Christiane. Dès les débuts de leur liaison, Jean-Marc, avait été frappé par  l’appétit féroce de sa maîtresse, qui ne semblait jamais rassasiée. Sans approfondir, il avait roulé des yeux étonnés et, amusé, il lui avait balancé « Qu’est-ce tu bouffes !! Je me demande où tu mets tout ça !!" Avait-il rajouté, en éclatant de rire. Christiane, allergique à ce genre de boutade, avait détourné le regard, en lui répondant froidement et du bout des lèvres, « J’sais pas c’est comme ça ; c’est tout ! ». Depuis, s’étant heurté à un mur en béton, il s’abstenait de toute allusion. Par ailleurs, la tentation de la chambrer, était trop forte. En vrai méridional, il aimait l’humour et la dérision. Lors d’un déjeuner festif, toujours aussi intrigué par l’appétit hors norme de sa maîtresse, J.M.D n’y avait pas résisté. Prenant tous les convives à témoin, il avait clamé, les yeux emprunts d’ironie : « Quand on regarde Christiane manger, c’est impressionnant ! » et, le rire au bout des lèvres, il avait directement enchaîné « Cette fille… c’est un estomac ambulant !! » Sur le moment, elle avait dardé dans sa direction, un regard assassin. Cependant, elle s’était ressaisie. Tenant à sauver les apparences, elle s’était efforcée de sourire. Afin d’éviter ce genre de confusion, n’aurait-elle pas pu se résigner à se confier ?

 

Parfois, il passait le matin de très bonne heure, pour lui faire un câlin. Dans l’intimité, c’était un homme passionné et prévenant. Il l’appelait affectueusement « Mon bébé » et elle adorait ça ! Souvent, il lui faisait signe de s’installer sur ses genoux et, comme s’il avait été son père, il la cajolait et la réconfortait en lui sussurant à l’oreille, des mots doux. Par contre, la perfection n’existant pas, elle lui découvrit un défaut - non des moindres - l’avarice ! « Au diable l’avarice et les avaricieux ! » avait-elle été tentée de lui rétorquer ! Lorsqu’ils dînaient en tête à tête dans l’appartement, il sortait cent francs de son portefeuille, destinés aux courses du soir ; et pas un sous de plus ! Pour couper court, à l’occasion d’un de ses anniversaires, il lui offrit une bague, ciselée d’une émeraude. Tellement fine et minuscule, qu’une loupe n’y aurait pas suffi, pour la détailler ! Néanmoins, affreusement confus, il s’en était humblement excusé en lui avouant qu’il était près de ses sous !

 

Au fil des mois, un sentiment d’exclusion et de frustration, commença à tarauder Christiane. De part son statut d’homme marié, son amant, se devait essentiellement à sa famille, avant tout le reste ! Les week-ends, les jours fériés et toutes les vacances scolaires, étaient dédiés à sa femme, son fils et à ses amis. Christiane, dévorée par la passion et la jalousie, malheureuse comme la pierre, passait son temps à ressasser et à pleurer sur l’injustice de l'existence. « Le chagrin est l’agonie d’un instant, s’y complaire est l’erreur de toute une vie. » (B. Disraeli). Certes ! Se privant de sorties, elle se morfondait seule, dans son petit appartement. Lors de ces périodes, Jean-Marc, la laissait sans nouvelles. Un tel laxisme à son encontre, n’était-il pas facteur de détachement… ? Voire, d’indifférence ! Loin des yeux, loin du cœur ? Elle en était persuadée ! A ce titre, je me souviens d’une anecdote : Monsieur, l’âme sereine et le cœur léger, voguait sur les eaux de la Méditerranée entourée de sa petite famille. Par contre, Christiane, n’ayant nulle part où aller, était restée à Paris. Talonnée par les mêmes obsessions devenues récurrentes, elle se languissait d’un éventuel coup de téléphone. Un après-midi, cédant à une pulsion, elle se saisit de l’appareil et composa le numéro qui lui avait transmis, en tant que secrétaire. Le « grand chef » avait bien précisé « en cas d’urgence ! » Allo ? Elle raccrocha précipitamment. C’est une voix féminine qui lui avait répondu. C’est au cours de cette période estivale que la jeune femme, dévorée par la passion, écrivit une première poésie dédiée à son amant. (Le méritait-il ?) Avec le recul, elle pense que non ! Or, l’amour n’est-il pas aveugle ?? Cet engouement pour un homme marié qui, comme tous les hommes mariés, ne faisaient que passer en coups de vent, devait durer trois ans.

 

Au terme de la première année, Christiane, lasse de souffrir inutilement, entreprit de vivre sa vie parallèlement à celle de Jean-Marc. Elle repartit à se noyer dans des noubas d’enfer, en se permettant aux fils des rencontres, quelques encoches à leur convention.

 

« Seul l’Amour peut vous briser le cœur » (N. Young)

 

…………………………………………………………………… A suivre

Bye, les blogueurs !


Ci-dessous, la poésie destinée à J.M.D :

 

 


cwd10o67

 

L’HYMNE A L'AMOUR

 

Qu'il est bon d’aimer !
Je t'aime avec mon cœur
Et toute ma sensualité
A soif, de ta chaleur !

Quand dans le jour qui meurt
Je t'imagine à mes côtés,
C'est tout un rêve de bonheur
Que j'aimerais garder !

Tu es le champ de blés
Que le soleil aime caresser
Tu es la Mer tant convoitée
Où la mouette vient s'épancher

 

De ton havre de paix,
Ressens-tu, ma mélancolie ?
Je m’étiole et m’effraie
Que de si loin, tu m’oublies…

Tu es le chêne puissant
Enraciné dans sa terre
Tu peux être torrent
Comme tu peux être rivière

 

J'aimerais être tourterelle
Pour m'envoler jusqu'à toi
Et porter sur mes ailes
Tout l'amour que j'ai pour toi

 

Que vite arrive ce jour
Où enfin tu seras près de moi
Le temps paraît si court
Lorsque je suis dans tes bras

Le bonheur est hélas, éphémère
Et les moments près de toi ...
Dois-je me complaire en Enfer
Pour qu'enfin, tu restes là ?

 

Voir les commentaires

Quelle chance !!

c6327ef2 

La Chance…
Est un don des Fées ;
Avant sa naissance,
L’élu, est déjà gâté !

Dieu leur a ordonné
De très vite se pencher,
Sur le couffin satiné
De l’enfant désigné…

 

 

Aidées de leurs baguettes,
Elles l’ont emmailloté
D’une crème, une recette,
Aux pouvoirs élaborés !!

 

Les dés ont été lancés !
Le destin débarque alors,
Au sein d’un foyer préservé
De tout mauvais sort !

 

 

La chance est suspecte,
Selon le jaloux, qui l’envie ;
C’est injuste, je regrette
Qu’elle épaule Jérémie !

Le riche, a qui tout sourit,

Prétend et en est certain,lecpfyy2

Qu’il n’aurait rien bâti
Sans cervelle ni instinct !

 

Et oui… il ne croit pas
A la chance ; qui pourrait bien
Un jour, sans mea culpa,
Bouleverser son quotidien

Rien n’est jamais acquis,
Elle ne dépend de personne !
Les Oracles, la Chiromancie,
L’adjurent telle une Madone !

La destinée nous donne
En fonction de l’inégalité ;
La Chance, la friponne,
Éprouve les privilégiés !!

Or… pourquoi, lui ??
Pas nous, eux ou moi ?
Les Fées, l’ont écrit
Dans les textes de lois

 

C’est comme ça !!

 

 

Voir les commentaires

Merci, patron !

 

…………………………………………………………………… 27ème épisode        

 

Mon Essentiel, travaillait toujours à Paris/La Défense, le quartier d’affaires le plus important d’Europe. Elle aimait son ambiance si particulière et la sensation de liberté que lui renvoyait l’environnement. Du reste, elle éprouvait une certaine fierté de compter parmi les employés d’une grosse société telle que la « S.A.G.A. », dont le P.D.G., était issu d'une famille prestigieuse. Pour des questions de management, les employés, pouvaient être mutés au sein même de l’entreprise. Christiane n’avait pu contourner ce précepte. Il ne s’agissait pas d’être mutée à Trifouilli les Oies mais, uniquement de descendre ou monter quelques étages en plus ou en moins. A deux reprises, il avait été impératif qu’elle s’acclimate à de nouvelles règles de travail et qu’elle s’accommode de ses nouveaux collègues ; sympathiques ou pas…

Son Directeur et Chef hiérarchique, Monsieur Jean-Marc D..., était un homme à poigne. Il savait diriger son équipe sans profiter de son statut de grand chef. Marseille, d’où il était natif, lui avait légué l’accent chantant de Pagnol, ainsi qu’un tempérament volubile et un goût prononcé pour les jurons, spécifiques au Sud-est de la France. C’était un bon vivant qui savait apprécier la bonne cuisine et les vins de qualité… Et, peut-être ou sans doute… les femmes ! Il savait dissocier détente, bonne humeur et travail. En tant que cadre, il en imposait, tant par son physique puissant et viril que par sa verve et son intelligence. Chez « TRANSFRET» on ne chômait pas. On bossait dur, dans un climat sain et jovial. Christiane, avant d’être la secrétaire particulière de son Directeur, était également celle de Madame P…, une femme brillante mais, peu encline à la bagatelle. Une main de fer dans un gant de velours ! Hormis ces fonctions officielles, la jeune femme, devait assumer la frappe de tous les documents et télex, prendre le courrier en sténo et autres travaux variés.    Monsieur Jean-Marc D…, s’appliquait à se montrer ferme avec sa secrétaire, qu’il avait tendance à traiter comme une gamine. « C’est pour son bien… » Prétendait-il. Et qui aime bien châtie bien ! Christiane, tapait sur sa machine à écrire, à une vitesse déconcertante et sans regarder son clavier. Par contre, l’apprentissage de la sténo, plus exactement, de l’écriture rapide (Spead Writing) était toute récent. Elle manquait cruellement de pratique. Aussi, lorsque son patron lui dictait du courrier, emporté par son caractère impétueux, il dépassait une cadence qu’elle avait du mal à assumer. Résultat, lors de la frappe, elle s’empêtrait dans les mots, les verbes et les phrases, sur lesquels elle séchait, en se mordant les lèvres d’anxiété. Par orgueil, elle ne pouvait se résoudre à avouer – à qui de droit – qu’elle butait sur certains termes. D’où, des erreurs d’interprétation qui irritait son patron. Comme ses emportements retombaient aussi vite qu’ils avaient surgis, il recouvrait son calme et, pris de remords, la réconfortait comme il pouvait. Pour Christiane, la prise en sténo était devenue un cauchemar. Quand elle entendait « Mademoiselle Dailly, s’il vous plait, prenez votre bloc… ». D'emblée, elle avait les jambes en coton et le cœur qui s’emballait. Ceci expliquant cela, elle ne pouvait dominer ce manque de confiance en elle et omniprésent, qui la paniquait et lui paralysait le cerveau. Irrémédiablement, elle perdait le contrôle et c’était la cata ! Et ce, au vu et au su de tous ses collègues ! Ce qui chatouillait son amour-propre. Un jour, son patron, lui proposa un marché : Comme à l’école, moins de fautes elle ferait, plus elle aurait de bons points. Et ceci, jusqu’à ce qu’il eût obtenu satisfaction ! Croyant bien faire, il ne pouvait réaliser que ce manque d'assurance, était dû à une enfance déchirée et tourmentée. Christiane, avait toujours su mettre une distance entre ses collègues et elle-même. En dépit de toutes ses frasques, elle restait timide, complexée et sans en avoir conscience, elle ce ne cessait de se chercher. Un indicible mal de vivre la bloquait en permanence et l’empêchait d’exister et de s’affirmer en tant qu’être humain… Et cette hypersensibilité, extirpée des secrets les plus intimes de son âme, la faisait larmoyer à la moindre réflexion ou allusion, dirigée à son encontre. Toutes ces faiblesses, altérait l’image qu’elle aurait souhaité que l’on eût de sa personne !   En principe, son patron, tout en étant compréhensif, restait distant avec ses employés. Pas de familiarités. Que ce soit d’un côté ou d’un autre. Uniquement de la cordialité et de la bonhomie. Jean-Marc aimait plaisanter. Parfois, il taquinait, racontait un canular en rigolant de bon cœur. Or, ça n’allait pas au-delà. Hormis les frappes de documents, Christiane, envoyait chaque jour un nombre conséquent de télex (ce qui suppléait, en quelque sorte, les emails d’aujourd’hui). Surtout en soirée, elle devait retranscrire à une cadence inouïe, des listes de wagons chargés de céréales avec leur numéro et leur tonnage, qui devaient être transmises d’une traite.    

C’était un après-midi ordinaire. Mon Amérique à moi, était assise devant l’un des deux télex que comptaient l’espace de bureau et Jean-Marc, son patron, était positionné juste derrière son dos. Ils étaient en ligne direct avec un client italien très important. Ce dernier, ayant entamé une négociation épineuse, un débat houleux venait de s'engager. A chaque réplique du client, Christiane, répondait sous la dictée de Jean-Marc. Mon Essentiel, bien que concentrée sur sa tâche, sentit qu'une main s'égarait sur son épaule. En s’efforçant de masquer son trouble, Christiane, continuait à taper en canalisant ses pensées. Le contact de ces doigts rugueux sur peau  fit frissonner chaque fibre de son corps.   Les semaines qui suivirent lui confirmèrent son ressenti. Son Chef, était devenu plus souple et plus indulgent, envers elle. Ses regards, qui s’attardaient sur son décolleté, ses gestes furtifs qui ne faisaient que la frôler et ses sourires enjôleurs, venaient corroborer ce qu’elle redoutait : la tentation du fruit défendu. Aurait-elle la force d’y résister ? Ce qu’elle savait de J.M. D…, était mince ! Il est âgé de quarante-deux ans, était très mariée et avait un fils qu’il adorait.   D’autre part, cette histoire ne l'étonnait qu'à moitié. Jean-Marc, en plus d'être marseillais, était d’origine italienne. Et, les italiens, ont la réputation d'avoir le sang chaud ! ......................................................................................................... A suivre A plus, les blogueurs !

Voir les commentaires

SALMA, une tigresse ordinaire



Je m’appelle « SALMA » et je suis indonésienne.

 

Si hier soir, vous avez regardé « ENVOYE SPECIAL » sur la deuxième chaîne, vous avez pu voir que je perçais l’écran. Tant par mon extrême beauté, mon pelage somptueux, que par ma grâce toute royale, spécifique à ceux de ma race. Maîtres de la Jungle, nous n’abdiquons jamais ! Malheureusement et je le déplore, vous avez dû apprendre que j’étais devenue une criminelle ; selon les termes employés par les hommes qui m’ont capturée. A présent, je végète en prison, enfermée dans une cage exiguë.

 

Je veux que le Monde connaisse notre calvaire, à nous, les tigres d’Indonésie. Nous sommes désespérés. C’est pourquoi, nous nous insurgeons contre les Hommes, jusqu’à leur donner la mort. Vous comprendrez que contrairement à vous, les Humains, nous n’avons pas d’armes de destruction massive. Pour nous défendre et nous faire entendre, nous ne disposons que de nos crocs impressionnants et de nos griffes. Et alors… 70 % de mes congénères ont été décimés par vos semblables ! Non satisfaits de cette hécatombe, il a fallu qu’ils rasent notre habitat, comme un Tsunami l’aurait fait. Depuis, notre Forêt Vierge si dense, si luxuriante, si mystérieuse et si dangereuse, qu’aucun Homme n’osait s’y aventurer, a totalement disparu !!

 

Depuis cet assassinat à l’encontre de la nature, un sentiment d’injustice et d’impuissance, nous hante jour et nuit. Qui sont-ils, ces Hommes, pour s’octroyer le monopole sur le monde palpitant de la Planète… ? Vous prétendez que nous n’avons pas d’intelligence et que nous sommes incapables de ressentir de véritables émotions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises… Quelle terrible erreur !

 

Toujours est-il, que moi, SALMA, un fauve parmi les fauves, une Tigresse habituée à se nourrir uniquement de gibiers, j’ai franchi les limites à ne pas dépasser : je me suis attaquée à l’Homme, son seul prédateur… J’ai fondu sur ma proie, tous crocs dehors et, n’en ai fait qu’une bouchée. Et ceci à neuf reprises. Je me suis attaquée à celui qui se considère comme l’Etre Suprême de la création et qui s’adjuge le droit de tuer en toute impunité. Au nom de quoi ? AU NOM DE L’ARGENT ! Oui. Je reconnais les faits. Depuis mon arrestation, deux mois se sont écoulés pendant lesquels j’ai tourné en rond, sans réussir à dompter ce sentiment de haine muette, qui ne cesse de m’habiter. Je suis en attente du jugement des Hommes. La mort ? Quelle importance ! Ce ne serait qu’un Tigre en moins !!

 

Finalement, après de longues délibérations, mes juges ont tranché. Je vais être expulsée du pays d’où je suis née. Pour ce faire, les lâches, vont m’anesthésier et profiter de ce sommeil artificiel, pour m’engouffrer en plein nuit, dans la soute d’un avion dont le dessein, est de me parachuter dans une jungle inconnue, loin de ma famille et de mes enfants.

 

 

Toi, qui est un Etre Humain, essaie d’imaginer mon calvaire. Des individus d’une toute autre espèce que la tienne, te kidnappent pendant ton sommeil. A ton réveil, terrorisé, tu ne reconnais plus rien de ton ancien environnement. Tu n’as qu’une seule certitude, c’est que l’univers qui t’entoure, est hostile et que tu empiètes - malgré toi – sur le territoire de chasse de congénères, déterminés à ne faire aucune concession.

Veux-tu connaître mon ressenti… ?

 

JE SUIS VOUEE A UNE MORTE CERTAINE !

 

Je t’en supplie, toi qui me lis, si tu as été touché par mon histoire si tragique, ainsi que par son épilogue, dénonce et transmets autour de toi ! Et si tu le peux, au-delà des frontières… Ceci pour l’avenir de notre planète…

 

MERCI.

Une Tigresse dans les couloirs de la mort.

 

P.S. : J’aurais aimé faire la « UNE » des journaux. Or, je ne suis pas une

De vos stars adulées mais, seulement une pauvre bête sans défense !

Adieu, les Humains !

AUTEUR : Christiane DAILLY
également auteur du romon "AINSI SOIT-IL"


real 3 tigre face
 k3acl2jt-copie-1

Voir les commentaires

L'oiseau me l'a promis !


r79uwyqi



Un Oiseau me l'a assuré,
Je devrais m’envoler…
Pour à jamais déserter
Le nid où j’ai agonisé !

 

Je vais déployer mes ailes
Pour d’autres horizons ;
En marge de l’Hirondelle,
Je laisserai ma maison !!

 

Le sentier du bonheur,
Avec sa lanterne, me guidera ;
Je fuirai cette laideur
Dont mon passé s’indigna !

 

 

Je veux aller aux antipodes
De l’être qui prétend m’aimer :
Je conjuguerai à tous les modes
Ce qu’il aura voulu m’infliger !

 

 

En guise de présent d’adieux,
Je laisserai une fiole de venin ;
J’immolerai le couple haineux
Dans un marécage de purin…
 

 

J’envelopperai  le plus beau
Dans un linceul en satin ;
Je verserai dans le caveau,
Leurs airs fats, de crétins !!

 

 

Qu'il garde de sa proie,
D’aigres souvenirs broyés ;
Sur des cendres, il pleurera,
En feuilletant les années…

 

L’oiseau me l’a assuré,
Je devrais ondoyer ;
Mon nid sera imbibé
De mes jeunes années !

 

J’assouvirai ma soif
Aux sources de l’alchimie ;
Je foulerai l’herbe grâce
Au crépuscule de ma vie…

 

L’Oiseau me l’a promis…




Voir les commentaires

L'emprise de l'alcool

 

 

vl0014b020

 

………………………………………………………………………………… 26ème épisode

 

Giselle s’était adaptée à son nouveau métier. Comme elle l’affirmait « Quand on a chuté jusqu’à moins zéro, on s’habitue à tout ! » Les locataires de l’immeuble dont elle s’occupait n’avaient qu’à se louer de ses bons et loyaux services. En ces temps d’alors, encore glorieux, les gardiens d’immeubles ne rechignaient pas à la tâche. Giselle, en tant que concierge d'un immeuble, recevait et distribuait le courrier, rentrait et sortait les poubelles, nettoyait les vitres, les escaliers et les paliers de chaque étage, s’occupait des problèmes d’intendance et rendait de menus services, aux uns et aux autres. Elle s’efforçait de cacher ses démons intérieurs, en gardant le sourire, quoi qu’il pût arriver!

 

Je pense utile de souligner que Giselle, en tant qu’ex-comptable, possédait un petit plus par rapport à beaucoup de ses collègues. Celle-ci, possédait un acquis solide en termes d’instruction et connaissait parfaitement les spécificités de la langue française. Elle était capable de conseiller, d’inciter, de préconiser, tout en sachant se montrer flexible et diplomate. Par contre, un mystère restait en suspension. Nul ne savait quelle discipline de fer lui apportait assez de potentiel, pour allier obligations professionnelles et abus d’alcool ! Un fait était certain, c’est qu’elle était aimée et estimée de tous. Ce qui d’ailleurs, se vérifiait en fin d’année lors de ses étrennes, qui étaient très honorables ! Giselle, petit à petit, se refaisait une santé.

 

Un dimanche matin, Christiane fut tirée de son sommeil, par la sonnerie du téléphone. Vasouillarde, elle s’obligea à s'extirper de son lit en se traînant jusqu’à l’entrée, pour décrocher. Un des locataires, catastrophés, l’avertissait que sa mère gisait de tout son long et à même le sol, entre la cuisine et la pièce de la loge. La loge étant fermée le dimanche, il lui précisa que d'après ce qu’il distinguait au travers de la porte vitrée, sa mère paraissait inerte. Branle-bas de combat ! Christiane, extrapolant déjà et n’osant surtout pas envisager les ravages d’une attaque cérébrale, n’eût qu’un seul recours : PIERRE. Qu’elle appela immédiatement. Dieu merci… il n’était pas de garde ! Une chance ! Il était l'homme, le confident et l'ami sur lequel elle pouvait toujours compter, en tout moment et toute circonstance. Il fut chez elle en moins de dix minutes. Mon essentiel, s’attendant au pire, se jeta dans ses bras réconfortant, en pleurant « Allons, Chris… calme-toi, mon petit chou ! Ne t’affole-pas ! Ce n’est peut-être rien ! ». Il lui tapota gentiment la joue, en signe de réconfort. Après tout, il avait peut-être raison… Rassérénée, elle sécha ses larmes.

 

Une fois sur les lieux, Christiane, joignit les urgences de l’hôpital le plus proche. Si j’ai bonne mémoire, c’était Lariboisière… Pendant ce temps, Pierre, bricolait la serrure de la loge qui finit par céder. Giselle, respirait. Les traits détendus et presque sereins… Très vite, deux infirmiers munis d’un brancard, se chargèrent de la malade, qu'ils transportèrent dans l’ambulance. Et en route… Christiane et Pierre suivaient en voiture. Arrivés aux urgences, le brancard fut sortie de l’ambulance jusqu’aux consultations. Ensuite, les infirmiers se saisirent d’un charriot, sur lequel ils allongèrent la patiente, en la recouvrant d’une couverture.

 

Gisèle reprenait peu à peu ses esprits. Christiane, la voyant ouvrir les yeux, entreprit de l’interroger sur les circonstances de son malaise. Or, elle affirmait ne rien se souvenir. Le trou noir. Dans la mesure où nous étions dimanche matin, le lendemain d’une soirée bien arrosées, les infirmiers et les internes, étaient débordés. Christiane et Pierre, durent prendre leur mal en patience, avant que l’on s’occupe sérieusement de la malade. Tous deux étaient assis dans le hall d’entrée. Jean parcourait un magazine et Christiane, laissait vagabonder ses pensées. Enfin, elle aperçut un médecin qui venait à sa rencontre. Il arborait un large sourire. Arrivé à sa hauteur, il se présenta. A son tour, elle fit les présentations. «Alors, Docteur ? » S’empressa de demander Christiane, très préoccupée. « Rien de grave, Mademoiselle ; rassurez-vous ! Votre mère va très bien ! » Mon Essentiel, le regard accroché à celui du médecin, insista lourdement « Docteur… pardonnez mon insistance, mais maman, a perdu connaissance ; ce qui n’est pas rien !».

 

« Vous avez un moment à m’accorder ? » lui demanda le médecin, en guise d’explication. «Bien sûr, docteur ! » -Dans ce cas, suivez-moi ! Elle lui emboîta le pas et le suivit jusqu’au bout d’un large couloir où se trouvait son bureau. Par soucis de discrétion, il prit soin de refermer la porte derrière lui « Je vous en prie, asseyez-vous ! » Il s’assied à son tour. Réellement embarrassé, il s’attarda quelques secondes sur le visage de la jeune femme et commença à parler. « Puis-je vous poser une question indiscrète… ? – Je vous en prie ! « Votre maman s’adonne-t-elle souvent à l’alcool ? » Christiane fit celle qui tombait des nues. Le regard fixé sur le médecin, elle l’engagea à continuer. « He bien, au vu de la quantité d’alcool absorbée, je pense que votre maman a dû sombrer dans un sommeil si profond, qu’elle aura vraisemblablement effleuré le coma éthylique ! » Christiane changea de couleur. Ne pouvant contenir ses larmes, elle se contentait de regarder le médecin, avec des yeux de bête traquée. Un sentiment de sourde colère, dirigée contre sa mère, la submergea « Veuillez m’excuser, Docteur, c’est l’émotion ! » Je comprends, prenez votre temps ! Christiane se moucha bruyamment. « A-t-elle déjà suivi une cure de désintoxication ? » Poursuivit le médecin. Christiane, lui renvoya un regard vide. « Pour ça, Docteur, faudrait-il que ma mère admette son alcoolisme ! "

 

Le regard toujours attaché au médecin, Christiane, hésitait à tout lui révéler. Après tout, il était lié par le secret médical. C’était comme si elle se serait confiée à un prêtre ! « C’est une longue histoire, Docteur ! ». Il lui fit un sourire encourageant. « Allez-y, je vous écoute ! ». Toutes les fois où j’ai invité ma mère chez moi, elle est arrivée titubante et l’haleine chargée d’alcool. Bien sûr, je lui reprochais mais, enfermée dans un déni stupide, elle s’escrimait toujours à nier l’évidence. Hélas, je me heurtais sans cesse, à la même réponse. Non… elle n’avait rien bu ! Elle lui parla également de son passé. L’achat du Café, sa descente au-delà de la médiocrité, la mort de Bernard, son compagnon et tout ce qui s’en était suivi. Lorsqu’elle eut fini, elle aspira profondément. « Voilà Docteur. Vous savez tout ! ». Les traits devenus hermétiques, le médecin, sans faire de commentaires, sortit une carte de visite d’un tiroir, qu’il lui tendit. « Ce sont les coordonnées d’un Centre de Désintoxication, situé à Meudon » lui précisa-t-il. «Et, cela n’engage à rien ! » rajouta-t-il. Sur ce, il se leva, l’accompagna jusqu’à la porte et lui serra la main. « Bon courage, Mademoiselle ! » – Merci Docteur !

 

 Giselle, attendait sa fille, assise dans le couloir. « On y va maman… » Christiane, dût la soutenir pour la diriger jusqu’à la sortie, devant laquelle Pierre attendait. Elle lui chuchota à l’oreille, un « je t’expliquerai plus tard ! » Tous les trois rejoignirent directement le véhicule de son ami, qui démarra en direction du 16° arrondissement.

 

Trois mois s’écoulèrent durant lesquels Gisèle s’arrangea pour se montrer abstinente. Christiane, lui avait passé un sacré savon, en lui assurant qu’elle aurait pu y rester ! Elle lui avait mis en évidence les coups bas de son passé et ses revirements de situation. Afin de déclencher – autant faire se peut – une prise de conscience de sa part, elle l’avait engagée à contrer un éventuel risque de licenciement, ainsi que les possibles dangers de crises d’hémiplégie qui pouvaient survenir n’importe quand et, la rendre paralytique. Cette maladie, dans la famille, était héréditaire. Sa mère, la grand-mère de Christiane, était restée paralysée d’un bras et d’une jambe, pendant des années. Après quatre autres crises qui la transformèrent en légume pendant de longs mois, elle fut soudain terrassée par la septième attaque, qui lui fut fatale.

 

La source de toutes mes joies, ne sut jamais ce qui décida Gisèle, à suivre une cure de désintoxication. La peur ?? De son propre chef, elle contacta le centre de Meudon, afin de prendre rendez-vous.

 

Et puis, Meudon… c’était à proximité du 16° !

 

…………………………………………………………………… A suivre

 

A demain, les blogueurs

Voir les commentaires

En nonante-neuf

0102 

La Lune…
Troublante et divine,
Sans-gêne, allume
La Terre, qui s'indigne !

   

Pressée, elle s’affaire
Car, elle se sait attendue ;
Tout comme naguère,
Vous n’serez pas déçus !

 

Le Soleil et la Terre
Ont du répondant !!
Il n’est pas salutaire
De griller le temps !

 

La Lune va se fondre
En son Astre échauffé ;
Notre Terre, est ronde,
De trop tournoyer !

Elle projette des éclairs,
Sur son Soleil récalcitrant ;
Elle se plaint à Cerbère,
Des écarts de son amant !

 

Le temps de torrides ébats,
Le ciel, éteindra ses feux ;
Nulle étoile ne se risquera,
A contrecarrer leur jeu…

 

Notre Planète est cramoisie
De ces façons libertines ;
Dites-moi, est-il permis,
De se montrer si coquine ?

 

Quel manque de pudeur,
De s’exposer à ces voyeurs ;
Ce Monarque en chaleur,
Se comporte en allumeur !

Il est le Soleil le plus prisé,
Parmi toutes les galaxies ;
Des planètes, mortifiées,
Restent à faire tapisserie !!

 

Cela ne date pas d’aujourd’hui !

Voir les commentaires

Salut, les copains !

…………………………………………………………………………………… 25ème épisode

images-chat-peq

 

Christiane et Pierre se voyaient à intervalles réguliers. Il va sans dire que par la force des choses, le couple, était connu comme le Loup blanc ; que ce soit dans leur fief du 18ème arrondissement ou dans le 16ème, leur quartier officiel. Au fur-et-à mesure de leurs sorties au cours desquelles, ils s’exhibaient aux yeux de tous, ils se firent quelques amis. « Dis-moi, qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ! ». Par forcément vrai ! Dans le cas de nos deux complices, chacun, était du même tonneau. En principe, ils ne s'accordaient, qu’avec leurs clones. A proprement parler, des noctambules en mal de compagnie, des jouisseurs de la vie nocturne qui levaient facilement le coude, qui aimaient la bonne chère, danser et palabrer des heures, devant un verre d’alcool. La plupart du temps, ces mordus de la nuit, se retrouvaient après le boulot, « Chez Jean », le café en face à la Seine ou au « Garigliano », au coin du boulevard. Après coup, ils partaient dîner quelque part ; le plus souvent, à Boulogne. Dans la foulée, les vendredis et samedis soirs, ils remettaient la gomme jusqu’au petit matin, où ils s’éclataient dans un bar arabe de la Porte de Clichy, en se déhanchant sur les sons percutants de la musique orientale.

 

Un matin, Christiane, essuya un commentaire percutant, tout droit sorti de la bouche d'un de ses collègues, qui lui fit l’effet d’un passage à tabac. Attendu qu’elle manquait de sommeil et que son système digestif était au bout du rouleau, elle se pointait chaque matin avec des poches sous les yeux et une étrange sensation de torpeur, greffée à un état nauséeux prononcé. Mon héroïne, était pratiquement avachie sur son bureau, quand soudainement, elle sursauta. « Mademoiselle DAILLY… !! Etes-vous certaine de dormir la nuit ? ». Prise de court et ne sachant que répondre, le jeune homme, lui fit le coup de grâce. « Dans le cas contraire, on jurerait que vous vous droguez ! ». Avec un tel coup de fouet, Christiane, ulcérée, récupéra tous ses esprits en marmonnant un quelconque échappatoire. Ce fut radical car en faisant son mea-culpa, elle prit soin à l’avenir, de se corriger.

 

Pierre, Christiane et leurs compagnons de java, formaient un vrai clan. Un cercle qu’ils surnommaient en pouffant de rire, « La Famille ». Parmi eux, on comptait Sheriff, un algérien divorcé et à la dérive, qui vivotait de petits boulots. Nanard, un célibataire endurci qui était d’une gentillesse rare. Il dépensait à tort et à travers, bien au-delà de ses moyens, seulement pour avoir le plaisir de faire plaisir ! Victor, était un ancien d’Indochine et un alcoolique incorrigible qui vivait encore chez sa mère. Jalel, un grand et très beau garçon, était d’origine Tunisienne. C’était un homme très respectueux, un peu cabotin mais, toujours d’égale humeur. Ce dernier avait une particularité. Il savait parfaitement lire les lignes de la main. Christiane et Pierre, l’avaient connu « Chez Jean » et le jour même, un lien solide s’était tissé entre eux. Dans « La Famille », on comptait déjà six membres qui se réunissaient régulièrement chez Christiane ou chez Victor, pour faire un bon repas, discuter, boire et danser. Toujours danser ! Pour eux tous, la musique était un des ingrédients indispensables, pour mitonner une bonne fiesta ! Vous constaterez par vous-mêmes que « La Famille », tout en n’étant pas misogyne, était essentiellement composée d’hommes ; hormis Christiane, la seule et unique femme. Ce n’était hélas, pas un hasard ! Christiane, toujours courtisée, avait de nombreux admirateurs. Un phénomène qui faisait des émules. Dont deux filles du coin, qui ne cachaient pas leur antipathie ainsi que leur hostilité, envers « la plus belle fille du quartier », comme la surnommait l'un des clients de « Chez Jean ». L’une d’elles, dont le prénom était « LOLA » et que tous appelaient « La Folle de Chaillot », n’arrêtait pas de la provoquer. Accoutrée d’espèces de fripes en guise de longue jupe – style gitane – on la voyait toujours attablée à l’une des nombreuses terrasses que comptait la proximité du Pont Garigliano. Et ce, à n'importe qu'elle heure du jour.

 

En revenant du travail, Christiane, non-seulement ne pouvait pas lui échapper, mais devait supporter ses regards suffisants ainsi que ses sarcasmes, cassants et indélicats. Imperturbable, mon Amérique à moi, bien déterminée à l’ignorer, passait son chemin en feignant l’indifférence. Cette fille, très brune, au joli minois et qui était d'origine italienne, était célèbre pour sa manie à vouloir se dépareiller d'autrui en semant la zizanie partout où elle passait. Comme pour Attila, l’herbe ne repoussait pas !! Un jour, dans le même contexte, elle se surpassa en bêtise. Comme tous les soirs, Christiane, revenait du métro. Elle marchait d’un pas alerte, quand la folle lui courut après. Christiane, intriguée, fit un volte-face en plantant ses yeux dans les siens. – Oui, Qu’est qu’il y a encore ! L’autre, soutenant son regard, lui balança « J’suis plus belle que toi !! ». Désarçonnée, par cette remarque futile, Christiane, ne peut s’empêcher de lui rire au nez. Vraiment, cette fille, c’était un phénomène ! Bête à manger du foin !! Du coup, en y repensant, elle repartit à rigoler. Après coup, elle ne manqua pas de rapporter l’anecdote, à ses copains.

 

Les gens parlaient à torts et à travers. En 1979, il était très mal vu, qu’une fille s’affiche avec des hommes ; surtout dans les cafés ! Avec un seul, aux yeux de tous, c’était son petit ami. Avec plusieurs, c’était carrément la partouse généralisée ! Christiane était encore trop naïve pour penser à mal. En ce qui la concernait, ce n’était pas compliqué. La plupart des femmes, étant trop jalouses et mesquines elle se tournait naturellement, vers les hommes ! De toute façon et ce qui était paradoxale, lorsque l’on se fiait à son physique, c’est qu’elle buvait et parlait comme un homme ! Avait-elle la mentalité d’un homme ? En tout cas, elle n’avait pas cette nature envieuse et possessive, spécifique à la gente féminine… Et, les histoires sordides de bonnes femmes, ne l’attiraient absolument pas ! Toujours est-il, que les braves gens parlaient. Et les gens qui jacassent au coin d’une rue, chez le coiffeur ou au supermarché, c’est rarement pour dire du bien de leur prochain !

 

Les langues de vipères bavassaient en s’engluant dans leur venin. Que ce soit au sein de la gendarmerie dans laquelle Pierre, disposait d’un logement de fonction, ou dans tout le voisinage. A présent, lorsque Christiane repense à cette belle époque ou tout roulait sur des rails, elle garde la certitude d’avoir été transparente, franche et honnête. Je me remémore une histoire. Elle en était d’ailleurs l’actrice principale… D’après le prime témoin, la scène du crime se déroulait sur un passage clouté, tout près de chez la victime. Notre star traversait, quand à cet instant précis, le patron du café d’en face, l’aperçût. «Regardez-moi, celle-là ! » persifla le gros porc sirupeux devant ses clients, tout en employant un ton méprisant. Tous, friands de bons polards, s’étaient empressés de braquer les yeux sur l’inculpée. « Vous voulez qu’je vous dise ? Y’a qu’le métro qui ne lui ai pas passé dessus ». Qu’est-ce qu’il en savait ce connard ? Pouvait-il, l’espace d’une seconde, réaliser l’impact de ce qu’il venait de proférer… ? Les dégâts sur la réputation d’une femme… ? Non. Car il était trop con, inculte et surtout, trop méchant !

 

Christiane n’avait pas d’amoureux. Ce qui était d’autant plus grotesque ! Mon Essentiel, n’avait jamais été aussi chaste ! Apparemment, Hans C., l’étudiant dépourvu de délicatesse et de psychologie féminine, l’avait rendue abstinente. Pour pallier à la bassesse ambiante et à toutes ses frustrations affectives, Christiane, ne cessait de manger et de dégobiller, de remanger et de dégobiller. Plusieurs fois par jour. Le matin et le midi, au bureau. A plusieurs reprises, le soir. Sans que quiconque ne découvrât le pot aux roses, en notant toutefois quelque anomalie dans son comportement… Même Pierre, qui l’accompagnait partout. Au restaurant, chez sa mère, dans son propre appartement et chez lui, à la gendarmerie où elle avait déjà inauguré ses toilettes. Cette absence de lucidité, était-elle dû à de l’indifférence ou  au fait qu’il était tout simplement inconcevable pour ses proches, qu’elle se fasse vomir à chaque repas ??

 

Son petit chien pékinois la suivait partout. Juste, respectait ses engagements. Il passait voir son ex, comme il disait, de temps à autre. Jusqu’à présent, il lui avait présenté deux ou trois copines. L’une d’elles, l’aura particulièrement marquée. Elle portait le prénom de « Linette». Mon Essentiel, par rapport à cette femme, se posera toujours la question suivante : Comment Juste, loin d’être « B.C.B.G » et si peu enclin aux bonnes manières, pouvait-il se pavaner avec cette femme qui, entre-nous soit dit, était d’une rare vulgarité… ? Surtout dans le quartier de son ex ! Cette désinvolture dont il témoignait ne redorait pas le blason de Christiane ! Cette Linette, avait déjà mis au monde une dizaine de loupiots - tous conçus avec des amants de passage - dont plus de la moitié végétait à l’Assistance Publique ou chez des familles d’accueil. Ses traits ingrats et son visage couperosé en forme de lame de couteau, accusait l’image type de la femme usée par les grossesses successives et les excès en tout genre. Avec sa bouche totalement édentée, ses jupes trop courtes, on aurait pu la croire sortie des bas-fonds de Paris, du temps des « Misérables ». Christiane la voit encore se pavaner avec Juste, dans les rues du 16ème. Arborant une grossesse déjà avancée, plantée sur des jambes maigres et arquées striées de varices boursoufflées de bleu, elle explosait fièrement son gros bidon. Quand on lui demandait le pourquoi de ces grossesses à répétitions… ? Madame, répondait avec gloriole, qu’elle était contre l’avortement ! Quitte à enfanter des assistés, comme elle ! En fin de compte, Christiane, après avoir gratté un peu le vernis, découvrit la véritable raison de cette hécatombe : l’appât du gain. En plus clair, pour les allocations ! En étant plus précis : pour l’allocation de naissance, qu’elle dilapidait en écumant les bars, au bras de son dernier julot. En tout cas, ne travaillant pas, elle était connue des services sociaux ! Elle clamait à qui voulait l’entendre, qu’elle adorait ses enfants. Curieuse façon de leur prouver ! Cette femme n’avait aucun état d’âme. Elle était en-deçà de l’animal. A quelques exceptions près, qu’une femelle se préoccupe de sa portée, qu’elle éduque et protège des prédateurs…

 

Du côté du Quai Louis Blériot, dans l'H.L.M., ce n’était pas l’exaltation ; loin de là !! Christiane, selon les propos de ses voisins, perturbait tout le voisinage. Elle ne pouvait se gratter une oreille, sans ébranler les soubassements de l’immeuble. La source de toutes mes joies, était un péril jeune, un chancre maudit qui était apparu un jour de septembre 1977 et dont il fallait se prémunir. Honnêtes gens… gare à la contagion ! Et le pire était à venir. Figurez-vous que des hommes défilaient chez elle, à longueur de journée ! Où ?? A La Défense ? Sans que l’accusée eût la moindre chance de se justifier, une pétition dûment remplie et signée par les habitants, fit le tour de l’immeuble et alla directement aux H.L.M. de Paris ; dans le seul objectif d’expulser "la fautive", comme une mal propre.

 

Elle en eût la confirmation. Alors, qu’elle était concentrée sur la frappe de documents, son poste téléphonique se déclencha. Machinalement, elle répondit. – Allo, Christiane, bonjour ! Ah, bon ! Le Chef du Personnel… Tout de suite ? Soudainement submergée par la peur, elle se rua vers le premier ascenseur disponible, appuya sur le dernier étage et se dirigea en courant vers le bureau de M. R.... Mon dieu ! Qu’allait-il, lui annoncer… ? Taraudée par l’angoisse, elle se décida à frapper. – Entrez ! Elle avait l’impression de marcher sur des œufs. Tandis qu'elle lui serrait la main, il lui fit signe de s’asseoir sur l’un des sièges posés devant lui. Ce qu’elle fit. Concentré sur un dossier, il la laissa mariner un bon moment, avant d’aborder le problème. Christiane, trépidait en s’arrachant les ongles, un par un. Enfin, il releva la tête et, la dévisageant, esquissa un sourire contenu. « Alors… on fait du bruit !! Mademoiselle, empêche ses voisins de dormir ?? » Ouf, ce n’était que cela ! Il lui enlevait une sacrée épine du pied ! Afin de se décharger, elle entreprit de tout lui expliquer. Absolument tout ! Au fil de son récit, le sourire de Monsieur R... s’élargit, jusqu’à se transformer en un rire sonore. Soulagée d’un grand poids, Christiane, se joignit à son interlocuteur, pour rire à son tour. Avant de se quitter, Monsieur R..., tout en la rassurant quant aux conséquences, lui conseilla de faire son possible, pour calmer son entourage.

 

Elle se remit à sa tâche en ébauchant un petit sourire satisfait.

 

En réalité, elle jubilait.

 

……………………………………………………………… A suivre

 

Bye, les blogueurs !

 

Voir les commentaires

L'AMOUR DE LA POESIE

Numériser0003-copie-1

Chers amis,

Aimez-vous la poésie ? La poésie est un moyen d'expression, tout comme la peinture, le dessin, la scupture, la musique, la danse, le cinéma... On étale sur le papier, en interpellant des mots et des adjectifs (la langue française nous donne l'embarras du choix) tout ce que notre âme a vécu, subi et appris, tout au long de ses vies successives. Le poète est un être à part ; un hypersensible, une sorte d'échorché vif, traînant telle une croix, toute la misère du monde. Le poète, incompris de beaucoup d'entre nous, est capable de rester en pamoison devant un papillon, une fleur ou une envolée de pigeons. La poésie, parmi ce monde impartial et en déclin qui est le nôtre, peut encore adoucir les moeurs.

Voir les commentaires

Aimer...

 

byc870cs

 

 

Aimer…
C’est l’instinct de l’âme,
Qui ne mesure l’intensité,
De l’amour en flamme !

 

Aimer…
C’est l’offrande de sa vie
A celui qui on a juré
Fidélité devant l’hostie !

 

Aimer…
C’est s’unir au bien et au mal
Que l’on absout sans hésiter
Même, si la flèche est fatale !

 

 

Aimer…
C’est faire abstraction de soi,
Lâcher son ego, sa fierté,
Ses yeux boursoufflés d’effroi…

 

Aimer…
C’est au-delà de la façade ;
Tare, laideur ou beauté,
Ne font pas barricade !!

 

 

Aimer…
C’est idéaliser et défendre
Celui que l’on va imposer,
Non, sans réprimandes !

 

Aimer…
Ce n’est pas posséder,
Mais, aider l’oiseau à voler
Sans pour autant, le négliger

 

Aimer…
C’est titiller, inciter le bonheur
A se plaire et à s’installer,
En faisant front au malheur

 

 

Aimer…
C’est lui prendre la main
Pour lutter et l’encourager
Et l’aimer… jusqu’à la fin,

Jusqu’à l’ultime équité


Là, où ils pourront à tout jamais,

S’AIMER !!!

 

Voir les commentaires

1 2 > >>