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Quels droits ?


 

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Chers Amis,

 

Les animaux, toute espèce confondue et sauvages ou pas, ne pourraient-ils pas exiger des lois adéquates qui les protègeraient des caprices et de la barbarie perpétrés par des êtres humains ?? 

 

Les pensez-vous assez "bêtes" pour ne pas ressentir de l'injustice ?  Ne pensez-vous pas qu'ils aimeraient organiser des manifs dans les rues de Paris, pour clamer leur DROIT A LA VIE ; ce qui est élémentaire !

 

Sachez, Monsieur, Madame ou Mademoiselle, que votre chat, votre chien, votre cheval, vos vaches, vos poulets, votre canarie... S'ils sont aimés et respectés, auront droit à une mort décente ; et les autres ??

 

La plupart, sont asservis par l'homme et sont considérés comme des objets, de  simples choses ! Aucune loi, présente dans le Code Civil, n'est prévue pour les défendre comme ils le mériteraient.

 

Prenez donc la peine d'ouvrir votre contrat d'habitation et vous pourrez constater,qu'ils font partie intégrante de vos biens "meubles".

 

J'ose le dire, c'est une honte pour l'Etre Humain !

 

 

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Tchao, Saint-Ouen !

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.......................................................................................... 19ème épisode

 

Christiane était en pleine euphorie ; excitée comme une puce ! La présente locataire, Mlle… l'occupante de l’appartement qui venait de lui être alloué, l'avait sollicité à venir le visiter. Conformément à leur conversation téléphonique, Christiane, s'était engagée pour le vendredi suivant? en soirée. Une fois sortie de la station de métro, ne sachant de quel côté se diriger, elle dut prospecter un bon moment, pour trouver la bonne direction. Au bout d’un quart d’heure de marche, elle accéda à une grande avenue sur laquelle donnait sa prochaine résidence. Indécise, quant à prendre à gauche ou à droite, elle aborda un passant qui lui indiqua une rue juste en face, qui aboutissait sur le quai.  « Une fois arrivée sur la Seine, vous tournez à gauche et ensuite, tout droit ; vous ne pouvez pas vous tromper » lui précisa, l’inconnu.

 

En effet, l’immeuble, vu de l’extérieur, n’était pas très esthétique ; par contre, les fenêtres donnaient sur le fleuve. Par cette température qui effleurait encore les trente degrés, c’était plutôt une bonne nouvelle ! Christiane, sous l’effet de l’excitation, transpirait à grosses gouttes. C’est en  prenant le minuscule ascenseur, qu’elle accédat au huitième étage. « Sortie de l’ascenseur, c’est à gauche, lui avait  indiqué Mlle….     Après un bref instant d'hésitation, la jeune femme se décida à frapper. La dame qui lui ouvrit la porte était grande, maigre et son visage émacié, accusait la soixantaine bien tassée. Elle s’appelait Mlle… Ridicule, certes ; mais, elle était toujours célibataire ! Son accueil fut des plus sympathiques. En pénétrant dans l’entrée, Christiane, posa son regard sur un téléphone orange posé sur une console. Ca, c’est du bonus ! se dit-elle, intérieurement. Le petit deux pièces de trente-huit mètres carrés était dans un piteux état ! Les murs de la cuisine étaient criblés de trous, comme s’ils avaient subi un raid aérien… les planchers de la salle à manger et de la chambre étaient maculés de traces noirâtres ! Et les toilettes et la salle de bain, sollicitaient un sérieux coup de jeune. Et quelle chaleur ! Méditait Christiane, en songeant à toutes les transformations à réaliser. « Il fait chaud, n’est-ce pas ? » Lui fit remarquer la vieille fille, comme si elle avait pu lire dans ses pensées. Tout en soupirant et s’essuyant le front, elle lui expliqua que la chaleur était la raison principale de son départ pour la banlieue ; mais également, le bruit infernal du train d’en face, qui entravait son sommeil. Toutefois, en pesant le pour et le contre, l’appartement avait un point fort non négligeable. Aux yeux de la jeune femme, c'était le super loto ! Dans chaque pièce, se trouvait un gros radiateur en fonte. Ce qui qui laissaient nécessairement penser au chauffage central ! Attirée par le balcon, Christiane pu découvrir la vue sublime de la Seine qui, sous un ciel immaculé, se laissait bercer au gré du vent. Au terme de la visite, Christiane et Mlle…, se quittèrent en se souhaitant bonne chance.

 

Mon absolu repartit satisfaite et grisée d’enthousiasme. Bien que… Le quartier, l’environnement, les gens, les boutiques… tout détonnait par rapport au quartier de son enfance. Or, ne peut pas tout avoir ; le beurre et l’argent du beurre ! L’aménagement et la signature du bail furent fixés à la mi-septembre de l’année 1977. Pour notre jeune locataire, une page essentiel de sa vie, allait se tourner.

Bouddha, le sage, ne suggérait-t-il pas,

«Le secret d’un corps et d’un esprit sains, est de ne pas pleurer sur le passé, ne pas s’inquiéter du futur, ni d’anticiper ses tourments mais, de vivre sagement et sincèrement, dans l’instant présent. »

  

Deux déménagements s’imposèrent. Celui du 18ème arrondissement et Paris et celui de la rue des Rosiers ; ce qui ne fut pas une mince affaire ! Enfin, Juste, en mec débrouillard, fit un S.O.S. à ses copains qui se plièrent en quatre, pour les aider. Ce qui fut un succès. Pendant plusieurs semaines, celui-ci s’attela à rénover l’appartement qui ne demandait que cela ! Pour commencer, les trous des murs de la cuisine, des W.C. et de la salle de bain, furent bouchés et peints. Pour dissimuler le parquet souillé, on posa de la moquette sur les sols de la salle à manger et de la chambre ; dans la cuisine, on posa du linoléum. Toute la décoration fut confiée à la spécialiste en la matière, Christiane, qui s’en chargea avec un plaisir certain. Elle souscrivit à France Télécom et, fin octobre, les radiateurs commencèrent à chauffer. L’osmose !

 

Apparemment, tout baignait. Seulement en apparence ! Car, leurs nouveaux voisins – tous blancs – s’étaient concertés pour leur bouffer les climats. A peine avaient-ils emménagé, chacune des locataires mitoyennes à leur logement, prirent Christiane en grippe, en lui cherchant des poux dans la tête. L’une, obsédée par le son de sa télévision, la criblait d’insultes en portant des coups violents sur sa porte d’entrée. Et la seconde, lui téléphonait à maintes reprises, pour lui faire des reproches. La raison : elle parlait trop fort ! Christiane, nonobstant ces démonstration d’intolérance, avait non-seulement de la répartie mais, refusait d’obtempérer. «Elles veulent m’intimider… ? Qu’à cela ne tienne ! » Ladite voisine de droite, d’origine polonaise et qui habitait un appartement deux fois plus spacieux que le sien, se mit à lui rédiger des courriers de plusieurs pages, truffés d’ignominies et de mensonges. Par exemple, elle prétendait que Pupuce, la petite chienne de mon Essentiel, avait pissée dans les escaliers ! Alors, que demeurant au huitième étage, sa maîtresse, prenait l’ascenseur ! La méchanceté et la bêtise sont sans limite… La tête de turc de l’escalier 2, avait mauvais genre, elle était vulgaire… elle possédait tous les défauts possibles et imaginables ! Christiane, finit par s’interroger : ne s’agissait-il pas, d’un canular…? Ne vivait-elle pas parmi un nid de coucous ?? Pour en revenir à Pupuce, l’animal, adorait le 16ème ; cette très chère ! Normal ; elle recouvrait les fastes et le luxe de ses origines pékinoises ; pure races ! Jamais, au grand jamais, elle ne se serait permis de faire pipi dans les escaliers ; elle avait trop d’éducation ! En tout cas, plus de savoir-vivre que ces deux mégères, bonnes pour l'asile d'aliénés ! A ce sujet, elle partit en cuisiner la gardienne en catimini qui, en prenant soin de baisser la voix, lui confia que la bonne femme de gauche, était malade des nerfs. Ma douce, lui répondit textuellement, ceci : à ce point là, elle est bonne pour la camisole de force ! Son interlocutrice se contenta de rire. Quant à l’autre, ce n’était qu’une vieille taupe frustrée et jalouses de toutes les filles jeunes ! Il est certain que mon héroïne, était très soucieuse de son aspect extérieur. Néanmoins, son élégance, ne plaidait pas en sa faveur… La preuve ! Si elle avait été laide, grosse et nippée comme une souillon, elle aurait sans doute échappé à toute cette haine ambiante. Après cette analyse, elle prit le parti de changer d’attitude ; de se fabriquer une cuirasse, afin de cesser de se rendre malade. Depuis longtemps déjà, elle avait été confrontée à la perversité humaine et ceci, à ses dépens. Elle savait qu’il était préférable de simuler les sourds et muets. Toutefois, ma Préférence à moi, devait admettre qu’aux regards des locataires, Juste, lui desservait. Son allure dégingandée, son langage de zonard, ses éventuelles ripostes face aux attaques injustifiées, ne plaidaient pour sa chaumière. D’accord, pour une fois, la destinée l’avait favorisée en lui offrant cet appartement ! Cependant, ce qu’elle lui avait tendu de la main droite, ne lui reprenait-elle pas de la main gauche ?? Qu’avait-elle fait pour mériter cela… ?

 

Cette ambiance toxique ne laissait présager rien de bon. Elle réfléchissait à cela, lorsqu’une soudaine nostalgie, la submergea.

 

Pensive, elle se surprit à regretter le 97, rue des Rosiers et ses voisins sans histoires et si discrets !

 

..................................................................................................... A suivre

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Les volte-faces du destin

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.............................................................................................................. 18ème épisode

 

Fin août, Ginette, proposa à sa petite sœur, de l’héberger dans un studio meublé, qu’elle possédait dans le 18ème arrondissement. Ceci, dans l'attente d'un nouveau toit… Le petit appartement de Saint-Ouen, étant destiné à être vendu par adjudication et, l’automne et l’hiver, faisant partie des hôtes qui s’imposent et s’installent du jour au lendemain, Christiane et Juste, durent se résoudre à déménager au plus vite. Le destin y était pour quelque chose : Leur poêle fonctionnant au gaz, il était désormais impossible pour eux de se chauffer car, je le rappelle, les pompiers avaient écrasé les conduites d'arrivée de gaz. C’est avec joie et reconnaissance, qu’elle avait accepté l’offre de sa sœur. Après avoir retiré le nécessaire - hormis les meubles - du 97, rue des Rosiers, le jeune couple emménagea dans ledit studio qui était « trop sympa ». Rien à voir avec St-Ouen !! Christiane se réjouit de recouvrer le quartier de son enfance. La rue du Poteau où se trouvait le marché où chaque dimanche matin, elle faisait les courses pour toute la famille. La rue Belliard, berceau se son enfance, la rue du Ruisseau, l’Eglise Sainte-Hélène, rue Championnet, là-même où elle avait été baptisée et avait fait toutes ses communions, la rue Ordener, la rue Bergot où demeurait jadis, sa grand-mère… Et son collège, rue des Poissonniers, tout près de la Butte Montmartre, où elle avait étudié et fait les quatre cents coups. Un quartier dit populaire, aux alentours duquel grouillaient toutes sortes de gens aux valeurs simples et, atypiques. Les odeurs, particulièrement riches et variées, lui remontaient aux narines. Les cris et les pleurs des mômes, si perceptibles les soirs d'été, les petits bars arabes qu’elle aimait tant et puis, cette chaleur humaine que l’on ne trouvait nulle part ailleurs ; et qui lui avait tant fait défaut ! Comment avait-elle pu vivre éloignée de tout cela !

 

En ce début de septembre 1977, l’Eté s'éternisait et l'air ambiant semblait aussi lourd que lors des mois de juillet et août. En quittant St-Ouen, Christiane, s’était promis de tirer un trait définitif sur une part de son passé : Patrick, Didier et Francesca. Surtout avec Francesca - qui lui en voulait à mort - au point de l’avoir incriminée comme si elle avait été la seule fautive ; La seule à être responsable de son courroux ! « L’homme propose » elle aurait dû s’en rappeler ! Son ex-meilleure amie, nourrissait un tel degré de haine à son endroit, qu’elle la dénigrait ouvertement et, s’il lui arrivait de la croiser dans rue, elle faisait mine de ne pas la voir. Faut pas pousser, pensait Christiane. Je n’ai pas commis un crime… Et puis, Didier, est en grande partie coupable ; et, entre nous soit dit, quel homme est assez vertueux, pour que l’on se brouille avec sa meilleure amie… ? Dites-moi pourquoi les femmes doivent toujours porter le chapeau !! Hélas, Francesca, d’origine sicilienne du côté paternel, avait pris le partie d’honorer les coutumes de là-bas : la vengeance !! Qui est d’ailleurs mauvaise conseillère ! Il était donc nécessaire qu'elle tournât la page.

 

Curieusement, de venir habiter dans le 18ème arrondissement de Paris, avait rapproché Christiane de sa sœur. Gigi venait fréquemment les voir ; surtout en fins de semaines. Juste, avait plus ou moins accepté d’héberger – avec l’accord de Christiane - un de ses copains, appelé « Gaby » - un garçon adorable, respectueux et poli que sa soeur, avait pris en sympathie. Tous les quatre, bras dessus et bras dessous, allaient dîner dans les nombreux restaurants de la rue Caulaincourt et après avoir festoyé, ils attrapaient le premier taxi venu qui démarrait en direction du « Balajo », rue de Lape. Entre chaque spectacles de travestis, ils se déchaînaient sur la piste, jusqu’à l’heure de la fermeture. Bien sûr, c’est Ginette qui régalait… Christiane, bien que toujours adpte du  "faire vomir" paraissait plus épanouie.  

 

A vingt-sept ans, elle n’était pas réellement belle. Plutôt jolie et attirante. En dépit de sa petite taille, elle était admirablement proportionnée et, comme les hommes le disent communément, « elle avait ce qu’il fallait où il fallait ! ». Sa plastique était parfaite et, son grain de peau, satiné et lumineux. Le galbe de son cou et de ses épaules pouvaient faire penser à une statue de Rodin. Ses jambes, très effilées, la  grandissaient. Son visage aux traits pleins et enfantins, était rehaussé d’une chevelure auburn, lâchée sur la nuque, ou relevée en chignon ; ce qui laissait entrevoir un cou gracile et une peau de pèche. Mon absolu, savait se contenter de ce que Dieu lui avait donné. Suivant sa morphologie, elle avait l’art et la manière de se mettre en valeur. Et elle le savait !! Tiens, je me souviens d'une anecdote assez cocasse : dans la station de métro « Simplon » qu’elle prenait chaque matin pour se rendre à la Défense, un jeune homme la croisant, visiblement subjugué par son charme, se retourna et, n'arrivant pas à détacher ses yeux de sa silhouette, se prit un poteau en plein visage. C’est la guichetière, en rigolant de bon cœur, qui lui avait rapporté la scène. Pour tous ceux qui côtoyaient la jeune femme, elle respirait la joie de vivre et la santé. Tous, hommes et femmes, étaient loin d'imaginer ses drames familiaux et quels étaient ses maux.

 

Beaucoup, en apercevant Christiane, la comparait à un mannequin en miniature ; une sorte de poupée Barbie un peu moins surfaite et moins apprêtée. Elle ne provoquait pas les aventures amoureuses. Sans le vouloir, elle captivait certains et en ensorcelait d’autres. De son apparence, lumineuse, il transperçait une belle aura. En outre, sa grâce naturelle et sa spontanéité, enjôlaient les jeunes comme les vieux. Toutefois, à cette époque, il n’était pas concevable qu’une fille fît des avances à un garçon ; ce qui était condamnable. Une femme devait se laisser désirer et conquérir, en s’abstenant d’allumer le feu. Une façon de faire qui était réservée aux prostituées !! Par ailleurs, ce goût irrépressible qu'elle avait pour la danse, l'alcool et le besoin de brûler la chandelle par le deux bouts, palpitait dans ses gênes. Christiane, partout où elle passait, mettait de l'ambiance. Elle surprenait, intriguait et dérangeait. Mademoiselle, avait sa cour et ce phénomène; défrisait la gente féminine.

 

Mon Essentiel s'était lié d'amitié avec une collègue qui lui ressemblait : «Mona». Dans le sens que chacune à sa manière aimaient choquer et séduire. Mona était fana de Marylin Monroe, dont elle se glorifiait de ressembler. Son physique de blonde platine, faisait jaser à tous les étages. Très maquillée, elle jouait de ses lèvres pulpeuses ainsi que de sa poitrine généreuse, toujours moulée dans des pulls style années cinquante. Ses jupes droites, étroites et fendues derrière, épousaient à merveille ses fesses rebondies, qu’elle dandinait en marchant d’un pas incertain, puisqu'elle était toujours perchée sur de très hauts talons. Une des règles de la physiologie qu’elle ne maîtrisait pas forcément. Ainsi harnachée de tout son cliquant, elle s’amusait follement  du regard des autres. Mona, adorait jouer les ingénues, en battant des cils et en se déhanchant au maximum. Dans l’ensemble, elle était plutôt attirante et extrêmement sexy. Ce qui attisait les mauvaises langues ; surtout celles des femmes ! Vulgaires, mauvais genre, inconvenante… et je tiens à rester polie ! Tous les adjectifs les plus vils du dictionnaire, ne cessaient de la dépeindre comme une fille facile. Et ce, sans se poser cette question : qui se cache sous cette Marilyn de pacotille ?? Toujours cette fameuse étiquette indélébile… Pourtant, – je peux en témoigner - comme amie, elle était sincère, serviable et si attachante ! Christiane ne l'oubliera jamais.

 

C’est elle, qui lui présenta Gérard, un type qui était cadre dans une société partenaire de la Holding. Ma préférence à moi, le soir-même, en tomba dingue amoureuse. Un cœur d’artichaut ? Probablement. Entre l’amour vrai et l’attirance charnelle, ses neurones s'entrechoquaient. Or, pour apprendre les rudiments de la vie et connaître les hommes, ne faut-il pas auparavant se faire les dents telle une jeune louve ? Bien sûr… parfois à ses dépens ! Gérard, un homme de quinze ans son ainé, était divorcé et collectionnait les conquêtes féminines. Christiane, aveuglée par l'intensité de l'appel des sens et, infiniment crédule, se laissa piétiner le cœur. Don Juan était un névrosé cruel et pervers qui se délectait de la souffrance des femmes. Celui-ci, pourvu d’un pouvoir de séduction redoutable, prenait plaisir torturer et humilier. Pour seul défense, ses victimes, n'avaient que leurs yeux pour pleurer. Les vendredis soirs, rendez-vous oblige, Christiane, rejoignait le studio au petit matin, le corps encore vibrant des caresses de son amant. Et vint le jour où elle découcha. Penaude et honteuse, elle se pointa vers midi, en inventa une excuse. Juste, son compagnon, au comble de l'inquiétude, avait ameuté  Ginette et son docteur, qui piétinaient sur place. La belle simula l'étonée en appuyant sur le fait, qu'il n'y avait pas de quoi fouetter un chat. Finalement, c'est la dignité, qui mit K.O. cette amour destructeur. Par sa seule volonté, elle mit fin à cette romance, qui lui rongeait le coeur.

 

Tout va, tout s'en va. Tout passe, tout lasse, tout casse. La leçon fut longue à accepter. Elle était tout à ses tourments, lorsqu'elle apprit que son employeur souscrivait au « un pour cent patronale ». Renseignements pris, elle sollicita un rendez-vous auprès l’Assistante Sociale de l’Entreprise, qui la reçut avec beaucoup de compréhension. Christiane, conformément à sa demande, lui soumis de A à Z et dans tous ses détails, les années de déboires subis à Saint-Ouen. L’entrée délabrée, la crasse et la vétusté de l’immeuble, les privations d’eau, l’incendie, les pompiers, etc. Son histoire terminée, elle ravala sa salive et se racla la gorge. Après s'être accordé quelques minutes de réflexion, Mme… lui suggéra de l'accompagner sur les lieux, jusqu’à St-Ouen, afin de confirmer ses dires par écrit. Arrivées sur place, ce que vit la pauvre femme, lui sembla irréaliste. Elle resta sans voix. C'est en s'indignant qu’elle prit acte de l’état des lieux - appartement compris- et que hors d’elle, elle souligna en rouge : scandaleux et dégradant de laisser croupir un être humain, dans une telle porcherie ! Une fois dehors, elle promit à Christiane, de bouger ciel et terre, pour qu'elle soit prioritaire dans l'attribution d'un appartement décent !! Car, insista-t-elle "- ma pauvre enfant - je dois vous sortir de là !"

 

 Quelques mois s'écoulèrent. Le calme plat. Jusqu'au jour où Christiane, fut convoquée dans le bureau de Madame… qui sitôt qu'elle l'aperçut, lui prit la main et, avec un large sourire aux lèvres, lui annonça qu'un appartement était en passe de se libérer. Il était situé dans le 16ème arrondissement. Entre la Porte Saint-Cloud et la Porte d'Auteuil. La station de métro la plus proche se trouvait au niveau du boulevard Exelmans Les mots sont insuffisants pour vous décrire la joie et le soulagement que Christiane éprouva en ces instants. Spontanément, elle se jeta au cou de sa bienfaitrice et l'embrassa sur les joues. Le lendemain, elle lui fit envoyer une gerbe de fleurs. C’était la moindre des choses… Le scoop fit la « Une » dans toute la boîte. Alors qu'elle n'y était pour rien, du jour au lendemain, elle devint la cible à abattre. Les regards en coin n'étaient pas tendres. Mais... C'était peut-être le prix à payer...?  

 

Sa destinée, une fois n'était pas coutume, l’avait privilégiée.

Et c'était l’essentiel !

 

A bientôt, mes chers blogueurs !
........................................................................................................ A suivre

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Vive la vie !

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.................................................................................. 17 ème épisode

 

Malgré elle, (??) mon absolu était devenue la maîtresse de Didier D. Tout le monde sait que les murs ont des oreilles et des antennes. Ceci expliquant cela, le marchand de tapis et moquettes qui avaient pignon sur rue en bas de chez Christiane, se chargea de vendre la mèche, à Juste. Comment le commerçant l'avait-il appris ? Dieu seul le savait ! Le téléphone arabe… ? Très certainement. Les mauvaises langues sont toujours friandes d’histoires croustillantes ! Juste, l’unique fautif qui avait tout provoqué, rentra un soir furieux, en vociférant sur sa compagne. Il ne manquait pas d’air !! Qui sème le vent, récolte la tempête !! Qu’est-ce qu’il lui avait pris à cet imbécile heureux ! Est-ce que l’on pousse celle que l’on tient à garder, dans les bras du premier venu ? Après quelques empoignades intempestives et autres propos scabreux, le jeune couple se résolut à trancher en faisant la paix et en mettant Didier au placard. Juste, finit par admettre qu’il avait joué avec le feu et se convainquit que cette légère incartade, était due à un égarement passager. Christiane, en guise de consolation, se souvint de l’adage suivant :

« Dès qu’un homme s’imagine être intéressant, il cesse de l’être… ».

 

D’autant plus, qu’une bonne nouvelle venait de sortir de la boîte aux lettres : Giselle et Bernard étaient de passage à Paris. Christiane n’en croyait pas ses yeux. Sa mère, après des mois et des mois de silence, manifestait ses regrets et son chagrin, à sa fille. Ce qui était plus efficace que n’importe quelle analyse de tous les psys du monde !! Un élixir magique ! Cela faisait un bail qu’elle n’avait pas ressenti une telle délivrance et un tel bonheur. Elle était transformée, métamorphosée… et ça se fête ! affirma-t-elle à son compagnon en lui adressant un large sourire. Du coup, mon Essentiel, parfaitement requinquée, se sentit pousser des ailes. Avant tout, elle concrétisa une idée qui lui trottinait dans la tête, depuis pas mal de temps. Elle se promit de présenter sa démission à son employeur, la Caisse de Retraites des Agents Immobiliers, rue Fortuny, où elle travaillait depuis trois ans. Après mûre réflexion, elle postula pour un poste de secrétaire, au sein d’une grande société Holding, dont le siège se trouvait à la Défense.

 

Comme les bonnes résolutions n’arrivent jamais seules, Gisèle, rouge d’émotion et en larmes, serra sa cadette contre sa poitrine, en sollicitant son pardon. Au cours de l’apéritif, avec une mine catastrophée, Giselle, lui apprit que l’appartement de la rue des Rosiers, devrait se libérer avant la fin de l’année car, enchaîna-t-elle, la liquidation judiciaire était en route. Pas grave ! Répondit Christiane, décidément enjouée. De toute manière, depuis le fameux incendie, les arrivées de gaz étant raplapla, il n’était pas envisageable que Juste et elle-même, passent l’hiver sans chauffage ! Ils déjeunèrent en famille chez Monsieur Coudy. Giselle, tout en étreignant sa cadette, lui confia que pendant des mois, elle avait été sujette à des crises similaires appelées « spasmophilie » et qu’elle avait dû être hospitalisée. Une telle similitude, n’était pas croyable ! Logique : les retrouvailles furent arrosées au-delà du raisonnable et chacun s'enlaça, en jurant de se revoir au plus vite.

 

Dès le mois d’avril 1976, le temps se fit anormalement chaud. Dans l’appartement minuscule, situé sous les toits composés de plaques en tôle, la chaleur était suffocante. Le couple mangeait et dormait avec un atomiseur d’eau fraîche à portée de la main. Christiane, reçut enfin une réponse à sa lettre de candidature, dans laquelle il lui était proposé un entretien d’embauche. Paris/La Défense, avait été construite aux abords de Puteaux. Une multitude de tours disparates qui rappelaient celles de New-York, surgissaient de toutes parts en semblant mordre le ciel. D’immenses espaces verts, enjolivés de parterres de fleurs multicolores et une architecture d’avant-garde, donnaient le sentiment d’avoir été propulsé dans un film de science fiction. Tout l’ensemble, avec ses statuts loufoques et ses tours en construction, avait tout de suiste impressionné et séduit la jeune femme. Le siège de la société, « La Saga » - dont le PDG portait un nom prestigieux « Eric de R. » - s’était établie Tour Atlantique, pas très loin du R.E.R. et du « CNIT. » Après avoir traversé l’esplanade, Christiane, franchit un portique qui s’ouvrit automatiquement. A la fois épatée et subjuguée par le décor somptueux et moderne, elle se dirigea directement vers l’hôtesse d’accueil qui lui indiqua les ascenseurs. L’entretien et les tests auxquels elle fut soumise, se déroulèrent sans problèmes. Le salaire et la date d’embauche furent discutés et conclus. Mon premier, dépassait largement les précédents et mon second, fut fixé au seize août 1976.

 

L’année de la terrible canicule. Une canicule infernale où chaque jour qui se levait, était conforme au jour d’avant et, chaque lendemain qui s’annonçait, était semblable au jour suivant. Le ciel, d’un bleu intense et vierge de tout nuage, ne laissait présager aucun signe d’un hypothétique orage ou averse. Partout en France, l’eau était rationnée et les agriculteurs, les premiers concernés et contre cette mesure drastique, se lamentaient sur l'absence de pluie et prophétisaient à l’avance, le marasme économique qui allait suivre. Les soirées s’étendaient jusque tard dans la nuit. Tous les vendredis, Christiane et Juste, s’empressaient de préparer leur « baise en ville » et de monter dans la bagnole, pour rejoindre Giselle et Bernard. Cela leur faisait prendre un bon bol d’air « frais », affirmaient ces derniers. Dans le patelin, l’ambiance était festive. Tout le monde se connaissait. Le soir du 14 juillet, ce fut la totale, sur le plan des débordements de tout genre. Toutes les occasions étaient bonnes pour Gisèle et Bernard, ainsi que pour le jeune couple, de rejoindre le bar du village accolé à leur domicile (Facile, pour retourner chez soi, à pieds…). La majorité des clients, ayant obligatoirement – on le comprendra aisément - le gosier sec et en pente, prenaient d’asseau la petite terrasse, afin d’étancher leur soif au plus vite. On trinquait, chacun en payant sa tournée ; et puis on trinquait à nouveau ; à ce superbe Eté, à l’amour et à la vie qui leur paraissait sereine, imperturbable, merveilleuse et prometteuse en rebondissements.

 

En ces années soixante-dix, toutes les folies et tous les délires, étaient permis. La tiédeur des nuits échauffaient les esprits et déliaient les langues. Les mois se succédant au rythme des pays chauds, les français, tout en scrutant le firmament, s’interrogeaient. Non sans une pointe d’inquiétude, les gens se demandaient si le ciel, d’un bleu inconditionnel, redeviendrait un jour ce qu’il avait toujours été : lunatique, capricieux et imprévisible. De tout temps, les êtres humains, infiniment petits, n’ont-ils pas levé les yeux vers le firmament en implorant les Dieux de leur accorder telle ou telle chose ou, en les conjurant de bien vouloir les épargner. (De quoi ? de la fin du monde… ?) Les peurs viscérales de l’Homme, confronté à l’inconnu, au mystérieux et, à tout ce qu’ils n’arrivent pas à contrôler…

 

Le matin du seize août – un lundi – Christiane et Juste, se levèrent à cinq heures du matin, pour remonter sur Paris. Pour Christiane, il n'était pas envisageable qu'elle arrive en retard à la Défense, pour sa première journée de travail. Le moins que je puis dire, c’est que son arrivée dans les bureaux, ne passa pas incognito. Les hommes la suivirent du regard et, les femmes, la dévisagèrent en s’échangeant des petits sourires complices. Christiane fut présentée à ses collègues du service comptabilité. Le travail n’était pas compliqué ; plutôt cool. Ravie, pétillante et remplie de bonnes dispositions, elle se sentait tel un poisson dans l’eau. Le lieu, la clim, tous ces bureaux ouverts à l’américaine, l’atmosphère, ses collègues… ; il n’y avait rien à jeter ! Les regards des employés ne la perturbaient pas. Elle adorait s’afficher et être regardée. Les œillades parfois impudiques de certains collègues mâles, la flattaient et du reste, elle prenait un malin plaisir à aiguiser la jalousie de ces autres collègues féminines.

 

Comme le répétait souvent Bernard, son beau-père,

« Au diable les varices ! Que le docteur les soigne ! ».

 

............................................................................................. A suivre

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Le choc émotionnel

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.............................................................................. 16ème épisode

 

En ce beau samedi d’Eté, les Puces étaient bondées. Christiane, seule, la tête encombrée d’idées noires, nettoyait la cuisine de fond en comble en attendant la visite de Francesca, sa meilleure amie. Elle était toute à sa tâche lorsque, soudainement, un malaise indéfinissable s’empara de son corps. Les battements de son cœur s'accélérèrent comme un cheval fou, ses jambes se dérobaient sous elle et ses bras, comme coupés, étaient sans ressort. Alors, qu’elle tentait de résister, un violent vertige la fit vaciller. Ses tempes, telles deux étaux qui lui comprimaient la tête, battaient à tout rompre. Au bord de l’évanouissement, elle fit appel à toute sa volonté et tout ce qui lui restait de vitalité, pour se traîner jusqu’à sa chambre et se laisser choir sur son lit ; non sans avoir eu le réflexe d’entrebâiller la porte d’entrée… Puisque son amie devait passer !

 

Une fois la tête posée sur l’oreiller, son cœur s’emballa d’avantage, comme s’il allait s’extirper de sa poitrine. Aux frontières de la folie, paniquée par ce phénomène inexplicable, sa vue se brouilla d’un coup, ses oreilles se mirent à siffler et ses deux mains, pareilles à deux feuilles ballottées par vent, furent prises de tremblements convulsifs. Elle ne voyait plus rien et sa respiration se faisait de plus en plus courte et oppressante. La source de toutes mes joies, voulut crier au secours, protester… or, ce fut le choc ; aucun son ne sortait de sa bouche. La sensation d’être envfermée dans un linceul glacé, lui confirma ce qu’elle redoutait tant : elle allait mourir. C’est à cet instant précis et obscur qui dura quelques fractions de seconde, qu’elle vit sa courte vie défiler sur un écran invisible et, dans ses moindres détails. Un ressenti, une vision diffuse, inextricable et inaccessible aux convictions rationnelles des vivants…

 

Sans Francesca qui, la découvrant dans un état second, courut prestement chercher de l’aide auprès de sa sœur Ginette, je ne saurais aujourd'hui affirmer, si Christiane, serait encore de ce monde au moment où j'écris. Le Docteur Roland C., accompagné de sa jeune compagne, ne tarda pas à arriver au chevet de la malade. Son diagnostic fut le suivant : Crise de spasmophilie. Rien d’alarmant… Toute de même ; très spectaculaire et, peut-être… mortel ??? Non… ? Allons donc ! La rassura son presque beau-frère, en rigolant. Quelques doses de calcium en intraveineuses et, il n’y paraîtra plus ! Pas de quoi fouetter un chat ! Et, tous les deux, ayant certainement mieux à faire, repartirent comme ils étaient venus.

Christiane se retrouva à nouveau seule.

 

Dès lors, de cette horrible crise qui fut la seule à être aussi frappante, quarante-six années se sont écoulées. A l’heure actuelle, vous pouvez me croire, Christiane n'a pu oublier ce ressenti, l'imprégnation de la mort qui allait l'emporter. Un laps de temps impossible à déterminer. Comme si le Créateur avait tenu à lui adresser un message. A compter de ce jour, elle n'émis aucune incertitude quant à l'existence de Dieu et la survie de l'âme. 

 

Les mois qui suivirent furent une longue descente en enfer. Christiane fut mise en longue maladie. La hantise des crises ne la quittait pas. Elle n’avait jamais été aussi mal-en-point. Des maux de tête lancinants tambourinaient dans sa tête, des diarrhées pouvant s’assimiler à la dysenterie, la vidaient jusqu’à l’épuisement. Minée physiquement et psychologiquement, elle se laissait couler dans une lente léthargie ourlée de souffrances non exprimées, de révolte contenue et d’une extrême solitude affective. Finalement, son organisme reflétait tout ce qui la grignotait de l’intérieur. Son âme, se découvrant malheureuse et incomprise, encourageait son corps à se révolter. Ce que Christiane ignorait, c’est qu’elle incitait ce corps à s’indigner, sitôt que ses pensées visitaient sa mère. Elle avait commis l’impardonnable, l’irréparable. Un sacrilège. Elle avait plus que levé la main  ; elle l’avait frappée ! Elle n’avait de cesse de se repasser le court-métrage de la terrible altercation, en passant en revue tout ce qu’elle aurait dû faire ou, ne pas faire. Dire ou ne pas dire. Elle ne vivait plus. Elle survivait dans la crainte que la fameuse crise refasse surface.

 

Un soir d’hiver, elle marchait dans la rue, lorsqu'elle tomba raide et inerte sur le trottoir,  devant le restaurant de Monsieur Coudy. Ce brave homme, bon et charitable qui avait tant fait pour elle et ses voisins… Quelques passants se hatèrent pour la ramasser et la relever. Or, son damné corps se pensait obligé de lutter, en se cabrant et en retombant sur le bitume ; et comme lors de chaque crise, cela se finissait par de tels martellements dans le crâne, qu’elle avait envie de se taper la tête contre les murs !

 

Un samedi, la craite de souffrir d’un cancer du colon se faisant plus obstinée, elle se présenta aux urgences d’un hôpital du dix-huitième arrondissement de Paris. Elle eut affaire à un spécialiste des intestins qui l’ausculta sur toutes les coutures et qui l’interrogea sur sa vie présente et passée, sa famille, ses antécédents, etc. Ce que l’homme diagnostiqua, parut inacceptable aux yeux de sa patiente mais, sans discussions possibles. Le médecin fut catégorique. Son mal, imaginaire, était d’origine nerveuse et psychique ! Les yeux ronds comme des billes, elle allait insister, lorsque celui-ci l’arrêta d’un revers de mains. « Assez, Mademoiselle ! Vous n’allez pas m’apprendre mon métier ! » Et sur ce, il la reconduisit vers la porte de sortie. Alors, dites-moi… que faire, quand on est une cérébrale ??

 

  Juste, pleinement occulté par sa compagne et peut-être, soucieux de son état alarmant, entreprit une démarche peu commune. Par bêtise ou par altruisme, il proposa à Didier D., le petit ami de Francesca, de prendre soin de sa femme malade. En clair, il lui demandait de meubler ses après-midis, en la sortant ou l’emmenant déjeuner au restaurant ; et pourquoi pas à l’hôtel, pendant qu’il y était ! Ce qui fut préconisé, fut non-seulement avalisé, mais aussi, concrétisé. Didier, arriva d’ailleurs en conquérant, près à se dévouer et à s’investir, jusqu’à ce que mort s’ensuive ! Celui-ci, prenant sa nouvelle fonction au sérieux et par souci de perfectionnisme, s’octroya et je dirais même, s’empara de la belle…

 

 Le simple d’esprit, le dénommé Juste, sans soupçonner de ce qui se tramait à sa barbe, avait cédé sa bien-aimée au plus offrant. A Didier, qui avait les moyens de la faire parler, mais aussi de l’éblouir, en lui jetant de la poudre aux yeux. Quelle femme ne craquerait pas devant des cadeaux et des déjeuners dans des restaurants prestigieux…? Bonne stratégie, car le beau Didier, arriva à ses fins. En réalité, il distribuait du vent, en simulant l’écoute et la compréhension. Il s’efforçait de conseiller, de rassurer et de réconcilier Christiane, avec la vie. Mon essentiel, pensant avoir trouvé l’oiseau rare habilité à la choyer et à la comprendre, se laissa dériver sur des flots de velours, gorgés de délicatesse et d’élégance.

 

Progressivement, le méchant loup manipula le petit chaperon rouge qui se laissa piéger et dévorer, sans même protester !

 

 Bye, bye, les blogueurs !!

................................................................................. A suivre

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Tout feu, tout flamme...

  byc870cs

......................................................................................................... 15ème épisode

 

La source de toutes mes espérances avait flashé sur le prénommé Patrick. Une gueule d’ange, aux faux airs d’Alain Delon, jeune premier du cinéma français. Un charme fou, des yeux clairs, grand, élancé, mince… L’Amour… "Ca ne s’explique pas", chantait Edith Piaf ! Christiane, dès le premier soir, s’était entichée d’un inconnu dont elle ignorait presque tout ! « L’amour a des raisons que la raison ignore… » « Sors du cercle du temps et entre dans le cercle de l’amour ». Elle ne se fit pas prier, la petite gourgandine !! Ma douce créature ne prit pas de gants pour annoncer la nouvelle à Juste. C’est ton ami ? Oui ; et alors ? Qui puis-je ! Après lui avoir expliqué que l'on ne décidait par forcément de son destin et que ce prodige était un signe de la providence, elle lui signifia avec tact et diplomatie, de bien vouloir faire son baluchon et de s’embarquer pour d’autres horizons. Ce qu’il refusa catégoriquement. Bon. Soit ! Nullement prise de court et plutôt bonne fille, Christiane, accepta de le garder ; à une seule condition : qu’il accepte la situation présente, même s’il devait en souffrir ! La logique aurait voulu, ne fusse que pour sa dignité de mâles, qu’il s’effacât. Or, Christiane, le connaissant à fond, ne fut absolument pas étonnée de sa réaction.

 

Ceci dit, les jours s’organisèrent d’eux-mêmes. Christiane, étant la seule à travailler, le beau Patrick, avait pour charge de s’occuper des courses et de la cuisine et, Juste – évidemment son subalterne, s’occupait du ménage et du réapprovisionnement en eau (ce qui n’était pas une tâche facile). C’est lors de cette période que la belle, fut recrutée en pleine rue par un metteur en scène, qui tout en l'accostant, lui offrit l'occasion d’être figurante pendant un laps de trois jours, dans un film au titre prometteur « Parlez-moi d’argent » avec Bernard Menez et Dary cowl. L’intrigue se déroulait dans une maison bourgeoise de St-Ouen, dont le propriétaire, milliardaire, conviait des amis à un couscous-partie. Christiane, devait incarner une jeune cuisinière arabe qui, lors d’une scène délirante et en duo avec l’acteur principal, ramassait à la petite cuillère, un tas de semoule répandue sur le sol de la cuisine. La cuisinière et Dary, tous deux agenouillés sur le sol et munis chacun de sa petite cuillère, tentaient de récupérer le maximum de semoule. Les petites cuillères s’entrechoquant, les grains de semoule voltigeaient en allant s'égarer un peu partout. Quel cirque ! Acteurs et figurants en trouvaient jusque dans leurs cheveux ! Quant à la suite, Attendez… le temps que je sollicite le bazar à souvenirs… Aurais-je la mémoire qui flanche ? A vrai dire, je suis incapable de vous faire un condensé du film, en entier. En définitive, Christiane, pendant trois jours, dû faire et refaire les mêmes scènes, jusqu’à l’overdose. Ce fut une expérience intéressante sur tous les plans. Parmi nous tous, qui peut se targuer d’avoir participé au tournage d’une comédie en long métrage… ? Un exemple assez cocasse : Dary C. qui tenait le rôle d’un gros mangeur, s’obligeait à vomir dans une bassine, pour pouvoir dupliquer x fois la même prise jusqu’à l’assentiment du metteur en scène ! Mon essentiel aurait pu lui donner des cours !!

 

Au terme de ces trois jours, Christiane, ne crut pas utile de déclarer au fisc, la somme dérisoire qu’elle avait gagnée. A sa grande surprise, elle reçut quelques années plus tard un redressement fiscal, afférent à ce bref interlude. Et, le comble, c’est que le film ne sortit jamais dans les salles ! Une devinette : Quel est le nom du prédateur de plus cruel au monde ? Le fisc ; bien sûr !!!

 

Pour la première fois, Christiane, se sentait aimée et… elle aimait ! Patrick, qui avait l’air sincère et amoureux, la traitait comme une Reine. Ses désirs étaient des ordres que Juste, s’empressait d’exécuter au pied de la lettre. Or, les choses finirent par s’envenimer au sein du trio car, les bagarres se multiplièrent, en semant une zizanie générale. L’amant outragé endurait le pire, certes en silence, en essayant de distancer son rival, à tous les niveaux. Christiane, connaissant Juste, qui avait tendance à ruminer sans rien dire, pressentait un tour de cochon. A coup sûr, plus retors qu’elle ne l’aurait pensé, il lui mitonnait derrière les fagots, des représailles à la sauce vendetta.

 

Bientôt, les potins du quartier ne tardèrent pas à arriver jusqu’aux oreilles de Christiane qui, comme l’exige les bien-pensants, était considérée comme une dépravée, sans moralité. « Ce n’est pas juste ! » avait protesté l’accusée, devant la Cour… Je veux un avocat ! S’était-elle exclamée en tentant de dédramatiser. « Vous, la gente masculine, n’êtes-vous pas des adeptes de la polygamie… ? Dans tout homme, n’y-a-t-il pas un polygame qui sommeille… ? » Avait-elle renchéri, en s’adressant à ses deux soupirants. Finalement, la source de toutes mes joies, s’efforçait à coups de circonstances atténuantes, de se justifier. Elle rêvait ! Elle n’échapperait pas à la peine capitale ! Les vieux adages tels que «Fait ce que je dis mais ne fait pas ce que je fais ! » était plus que jamais à l’ordre du jour. D’autant plus, qu’à la base, ce principe restait l’apanage des hommes !

 

 A ce titre, les vannes du patron du bar situé face à son immeuble, carillonnaient encore à ses oreilles tel le tocsin d’une église un jour de funérailles. Un matin où tous les trois prenaient leur petit déjeuner au comptoir, l’homme en question, la cinquantaine un peu bidonnante, avait claironné d’une voix guillerette chargée de sous-entendus « Elle est belle… et quelle santé elle a !!" Avait-il clamé devant le peu de clients présents. Et il avait explosé de rire ! 

 

Christiane, vexée de se voir ainsi humiliée, s’empourpra. N’ayant pas d’autre choix que de sauver les apparences, elle s’employa à le prendre à la rigolade. « J’ai le dos large » se disait-elle, en haussant les épaules. Après tout, les attaques gratuites et autres clabauderies, ne la choquaient plus. Malgré elle, les calomnies faisaient partie intégrante de son quotidien. Peut-on éviter la bêtise et la jalousie de tous les frustrés et les mal baisés de tout poil… ? De toute façon, tout à une fin. « « Tout passe, tout lasse et tout casse ! ».

 

Juste, le traitre, champion du monde dans l’art de se défiler, s’était rapproché en douce de Giselle, qu’il considérait comme sa belle mère. En versant quelques larmes de crocodile, il avait tout déballé à son seul avantage, en exprimant sa douleur d’homme trompé et rapporté la conduite inqualifiable de celle qu’il estimait être sa propriété. Giselle, n’ayant eu qu’un son de cloche et manquant d’objectivité, avait plaidé pour le plaignant sans se préoccuper des données du problème. Comme si elle-même avait été un prix de vertu, elle avait condamné sa fille à l’avance, sans connaître sa propre version des faits.

C’était aberrant !

 

Tout devait se jouer le week-end suivant. Persuadée que sa mère allait statuer avec intelligence et bon sens, mon héroïne arriva chez ses parents, confiante et enjouée. Juste, comme de bien entendu, l’accompagnait. Alors qu’elle se fiait à la partialité de l’amour maternel, ce fut tout le contraire. Christiane était à peine sortie de la voiture, que Giselle lui mit le grappin dessus en l’agressant verbalement. Non satisfaite de la submerger de propos licencieux et caustiques - auxquels la jeune fille répliqua du tac au tac – elle l’empoigna par la tignasse et lui assena deux gifles retentissantes. Il y avait quelque part, un vice de procédure… Où étaient donc passés son avocat, ses témoins et les jurés… ? Christiane, démontée par la violence de l'intempérie, sortit de ses gonds en lui rendant la monnaie de sa pièce. Ce fut un aller/retour aussi instantané, qu’irréfléchi. Trop tard… le mal était fait. La guerre était déclarée entre une mère écorchée vive et une fille anorexique et hypersensible. Et tout ce gabegie par la faute d’un propre à rien, incapable de régler en solo ses problèmes intimes d’homme libre et responsable.

Le linge sale ne se lave-t-il pas en famille ??

 

Le retour immédiat en direction de la capitale se déroula dans un silence à couper au couteau. Christiane, le cœur décomposé, méditait sur sa vie et sur son compagnon en particulier ; celui qu’elle n’aurait jamais dû croiser. Ses larmes coulaient le long de ses joues, jusqu'à sa robe d’été. Ses pensées convergèrent en direction de son père, ce qui ne fit qu’accentuer son chagrin. Ayant la conviction d’être persécutée par son destin et ce, depuis sa naissance, elle entrevoyait au loin le gouffre au fond duquel elle allait être entraînée. Ses parents, ayant prit le parti de Juste, son beau-père lui avait arraché la promesse de mettre fin à sa relation avec Patrick. Juré/craché !

 

Néanmoins, n'était-elle pas en droit de régir sa vie comme elle l’entendait… ? Sa mère, nonobstant sa vie privée, l'avait traité comme si elle avait eu cinq ans et n’acceptait en aucun cas, que son autorité soit remise en cause ! Et sa sœur, alors… ? Ginette se faisait entretenir depuis des années par un homme de trente ans son ainé ; tout cela, parce qu’il était riche et supposé respectable ! Gisèle, ne se serait jamais permis de traiter sa fille ainée, ainsi. D’ailleurs, cette dernière, au vu de son caractère indépendant, aurait mis les « holla » depuis longtemps.

 

Les semaines qui suivirent le drame, furent le début d’un long cauchemar. Chaque geste, chaque parole, passait et repassait dans la tête de ma préférence à moi, comme un mauvais polard dont elle aurait été la victime. Désormais, plusieurs océans la séparaient de celle qu’il l’avait mise au monde et dont elle n’avait pu se résoudre à couper le cordon ombilicale. Ayant à cœur de respecter la parole donnée, Christiane, après avoir tout relaté à Patrick,  lui signifia sa décision de rompre leurs liens amoureux. Un crève-cœur… Le jeune homme, eut beau faire le maximum pour l’en dissuader, elle ne revint jamais sur sa décision.

 

Sans une épaule sur laquelle s'épancher et en perte de repaires, elle ouvrit placards et réfrigérateur, pour se préparer la grande bouffe du siècle. Du salée et du sucré qui allait combler sa détresse - pour un moment illusoire -, jusqu’à ce qu’elle aille tout évacuer dans les toilettes.

 

Harcelée par le poids des remords, elle finit par perdre l’appétit et toute joie de vivre. Juste, le chancre purrulent de sa prostration et de sa détresse, Juste, le désigné coupable, devint le spectateur en titre de sa déchéance morale. Sa mère lui manquait cruellement. Chaque fibre de sa chair, chaque gène, revendiquaient leur droit à l’amour maternel. Or, l’amour et la haine, ne se rejoignent-ils pas ?

 

De Thomas Merton, je cite :

 

« Le commencement de l’amour est de laisser ceux que nous aimons, être totalement eux-mêmes car, sinon, nous n’aimons que le reflet de ce que nous sommes et que nous retrouvons en eux ».

 

Fin de citation.

..................................................................................................... A suivre

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