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Au feu !!!

   
 
   

....................................................................................................14ème épisode

 

Mon Amérique à moi, était devenue une très jolie poupée. Si l’on se fiait à son allure et ses manières quelque peu spéciales, on pouvait la qualifier de volage et de superficielle. Petite de taille, cependant élancée, on la voyait toujours juchée sur des talons hauts et habillée de jolies robes aux décolletés plongeants qui lui allaient à ravir, ainsi que des pantalons qui mettaient sa silhouette en valeur. Ce physique attirant, émoustillait les garçons qui tournaient autour de la jeune fille, comme des abeilles autour d’un pot de miel. Or, les faux-semblants, sont parfois trompeurs… Que ce fût sur le plan négatif ou positif…. Au sein de notre société, les critiques, les vilénies, procurent une certaine jouissance à des hommes et à des femmes de tout acabit et de tout horizon. Ces derniers, très mal dans leurs baskets, envieux et frustrés (surtout les femmes ; qu’elles soient jeunes ou vieilles) éprouvent un besoin pervers de juger et de condamner, en propageant rumeurs et propos humiliants qui sont d’autres parts, toujours rapportés déformés et plus avilissants encore… Pris dans la masse, les êtres humains sont, à quelques détails près, identiques. (Il existe des exceptions ; heureusement !) Beaucoup, pour des raisons obscures, insupportent la beauté et la jeunesse, qui les importunent. Gorgés de rancœur et d’aigreur pour ce qu'il ne sont plus ou ce qu'il n'ont pas fait, ils se gâchent la vie en se complaisant dans leurs rancoeurs et leurs regrets. 

 

Christiane, née sous le signe de la Vierge, avait deux visages. Un pour les étrangers et l’autre, pour les intimes. (Les vrais) On aurait pu l’appeler « Le Miroir à deux faces » car, il aurait suffi de racler le dessus de sa carapace, pour découvrir un être hypersensible perpétuellement en souffrance, spontané, généreux, bienveillant avec autrui et, d’une crédulité à pleurer. « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » déclarait le regretté Jean Yann, dans un de ces films. Ceci, afin que vous compreniez qu'il est indigne d'un être humain, d'ébruiter des racontars, sans connaître les tenants et les aboutissants. Sans forcément le vouloir, on peut commettre l'irréparable, pousser quelqu'un à se suicider... (un simple exemple) 

 

Christiane, Juste et le Pékinois, faisaient la java. « Java, qu’est-ce que tu fais là… ». Souvent, les retours au foyer étaient houleux et féroces, sur le plan verbal. Juste, d’une nature entière - comme beaucoup d’hommes -, ne supportait pas de voir sa copine danser, causer ou flirter ouvertement, avec un autre garçon. « T’inquiète ; cela n’ira pas plus loin… », Lui rétorquait-elle, pour pondérer la tempête. De temps à autres, le jeune couple prenait "la tire" qui fonçait en direction de l’Auberge du Chaperon Rouge, pour rendre visite à Giselle et Bernard, qui exerçaient les métiers d’aide-cuisinier et de femme de ménage. Pas très valorisant, lorsque l'on a eu accès à l'aisance... Christiane, afin de leur venir en aide, se présentait les bras chargés de provisions. Ceux-ci, en dépit de leurs revenus plus que modestes, étaient souvent attablés en terrasse, à l’heure de l’apéritif. D’autant plus, qu’ils s’étaient fait de nouveaux amis, à la fois bringueurs et buveurs : Jean et son frère, alcooliques notoires et, Françoise, plus sobre, qui était veuve. Les mois de juillet et août de cette année-là, furent très secs et étouffants. Et, croyez-moi, sans une goutte d’eau au robinet, c’est mille fois plus pénible ! Comme lors de toute coupure d’eau, le couple s’en accommodait, en espérant des jours meilleurs. Avaient-ils d’autres alternatives ? Non. Malgré cette pénurie incontournable, le minuscule deux pièces, restait accueillant et convivial. Juste, avait des tas "d’amis" qui étaient devenus les amis de Christiane. Les amis de tes amis ne sont-ils pas tes amis ? Bien sûr ! On comptait, entre autres, Didier D.., le fils et petit neveu de la famille F., qui possédait deux magasins de tapis et moquettes, rue des Rosiers, Francesca, l’amie d’enfance de Christiane, qui ne se séparait jamais de son mari, Jean-Pierre, jusqu’à ce qu’elle nous annonce son divorce et se mette en ménage avec qui ?? Devinez… ? Le beau Didier de la rue des Rosiers ; et ceci, avec l’aide d’une entremetteuse... Madame Christiane !!

 

Un soir, Juste,  rentra à la maison le visage rayonnant. Il était accompagné d’un inconnu, dénommé Patrick. « Je te présente un ami » déclara-t-il… « Christiane, ma femme… ». Il était toujours fier de l’exhiber au regard de ses amis. Le loup dans la bergerie ? Pas impossible. Car, aussitôt que Christiane eût effleuré la main du jeune homme, elle ressentit comme une décharge électrique vibrer dans tout son corps. Et ce fut réciproque ; ça se voyait comme le nez au milieu du visage ! Et ce qui ne gâchait rien, c'est que le garçon, était très séduisant. Ce fut un coup de foudre... Lors du dîner, sur des petits nuages, Christiane, mit les petits plats dans les grands. Au dessert, Juste, prit l’initiative de mettre de la musique.

 

Mon Essentiel, dansait collée/serrée contre Patrick, lorsqu’à cet instant précis, ils entendirent crier « Au feu ! Au feu ! Un vent de  panique s'infiltra dans la maison. Ce fut l’affolement généralisé et le branle-bas de combat ! Bien sûr, les pompiers furent appelés en urgence. C’est à grande force de matériel, qu’ils arrivèrent sur les lieux, peu de temps après. Pimpon, Pimpon… Avec un savoir-faire indéniable et une rapidité surprenante, ils déroulèrent le gros tuyau d’arrosage qu'ils trainèrent jusqu’au robinet de la cour ; et, comme dans « surprise, surprise… » Ils en restèrent suffoqués ; sur le cul ! : Aucune goutte d’eau ne sortait de ce satané robinet ! Dans toute leur carrière, ils n’avaient jamais vu une chose pareille !! Il était urgent de réagir ; vite, très vite ! Car une épaisse fumée noire se répandait dans les cages escaliers et envahissait toute la cour.

 

 A l'instar de tout individu dont l'instinct de conservation s'exprime, on pense d’abord à sauver sa peau et celles de ceux qu’on aime ; et, seulement après, on rassemble dare-dare toute ce que l’on peut sauver. Christiane, totalement paniquée par la vue des flammes,  fit le vide dans son armoire en un rien de temps. Ce qui fut expéditif car, elle ne trouva rien de mieux  - pour activer - que de balancer ses précieuses toilettes et autres babioles, par la fenêtre grande ouverte. Les vêtements, ainsi jetés, tournoyaient tels des cerfs-volants, avant de s'échouer sur l’asphalte du trottoir. Ceci fait, elle se saisit de son chien, qu’elle garda serré contre son cœur. Sur le trottoir d’en face, des badauds un tantinet voyeurs, n’avaient rien perdu de la scène. La tête à l’envers, le cœur battant la chamade, mon Essentiel, préparait frénétiquement ses objets de toilette, lorsque Juste, fit retentir un « Les pompiers se sont branchés sur le robinet du père Coudy !!" Dieu Merci, nous sommes sauvés, pensa Christiane, en poussant un profond soupir de satisfaction. De la fenêtre de la cuisine, on pouvait apercevoir les pompiers qui s’attaquaient aux arrivées de gaz. Armés de massues, ils les écrasaient l’une après l’autre, afin de protéger l'immeuble contre une éventuelle explosion.

 

L’histoire se termina avec brio. Nos vaillants pompiers finirent par dompter l’incendie et tout revint dans l’ordre ; ou presque. Ouf ! On revenait de loin. Juste, légèrement amer et le visage sombre, n’eut qu’à déplorer une façon de faire - à son avis - révoltante : ses vêtements personnels n’avaient pas bougé d’un pouce ! « Alors, qu’est-ce que tu attends ??? lui hurla Christiane, en le flinguant du regard. « Coure chercher mes affaires avant qu’on me les pique !! "

 

      Juste, s’octroya quelques secondes, avant de s’exécuter.

 

A plus, mes chéris !
....................................................................................................... A suivre

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1973 : L'émancipation

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 ...................................................................................... 13ème épisode 
 

73… L’année euphorique. Ce fut l’année du grand choc pétrolier. Résultat : une récession mondiale. C'est au cours de cette année que ma Préférence à moi, décida de changer de boulot en démissionnant de la Caisse de Retraites des Vétérinaires. Son nouvel employeur, fut une caisse de commerçants, située rue Fortuny (Paris 17°), au sein de laquelle, elle fut embauchée au  service « contentieux ». Egalement, ce fut l’année de son premier amour qui, néanmoins, ne fut qu’une première étape dans sa vie amoureuse. Il s’appelait Juste J… et il était natif de Lyon. C’était un paumé, un réchappé de l’assistance publique, traumatisé par les familles d’accueil où il avait séjournées. En l’occurrence, des paysans - soi-disant habilités - à l’éduquer et à l’aimer. Or, Lucifer, en avait décidé autrement car, « ses nouveaux parents », en guise de tendresse et d’amour, lui infligeaient au jour le jour, des traitements indignes d’une vraie famille. Pendant des années, il n’eût d’autre choix que de subir les déferlements de violence, agrémentés d’insultes verbales. Tout petit, il fut dressé aux travaux des champs et aux sales besognes, telles que nettoyer l’auge des cochons, ramasser le fumier, etc. Les quelques années de ce régime intensif avait submergé son cœur de haine et de révolte. Un jour, où il fut cogné à mort, il décida de se faire la belle, non sans avoir auparavant, mitonné des représailles : il incendia la ferme de ses parents nourricier. Son forfait accompli, il erra sans aucun but à travers la France, tel un animal traqué. Sa destinée mit les pieds dans le plat car, au cours de son chemin, il croisa le chemin d'un ancien combattant de l’Indochine au passé sulfureux qui lui fit une proposition : loger, blanchi et nourri, en échange de ses bons et loyaux services. Il s’appelait Carlos F. Ce dernier, spécialisé dans la moquette, forma le jeune homme au métier de poseur de moquette.

 

C’est dans ce contexte, que Christiane, fit la connaissance de Juste, un gars en manque d’amour et de stabilité. Ce n’est pas un hasard lorsqu’une fille perturbée et profondément marquée par son enfance, est tout spécialement attirée par ce genre de garçon déphasé et traînant un bagage trop lourd à porter. Christiane, voulut présenter son amour tout neuf, à sa famille. En premier lieu, à sa sœur et à son compagnon qui, manifestement, n’osèrent exprimer le fond de leurs pensées. Cela aurait servi à quoi ? A rien ! Ensuite, elle le présenta à ses parents qui eux, le trouvèrent sympa et charmant. Giselle, attirant sa jeune fille contre sa poitrine, lui chuchota à l'oreille :

« Si tu es heureuse, c’est le principal ! ».

 

Les débuts de leur vie commune furent exaltants. Tout d’abord, tout comme au service militaire, le prince charmant fut passé au crible par les voisins de palier qui cotoyaient la promise. C'est eux qui tranchèrent. L’interrogatoire fut serré. Qui était-il, d’où venait-il, quelles étaient ses vraies intentions… ? Dans son intérêt - le menacèrent-ils – en montant le ton, il serait plus prudent qu’il se tienne à carreau ; sinon… L’ultimatum était significatif. - Attention. Ici, tu seras toléré, tant que tu ne feras aucun mal à la petite. OK, mon gars… ? T’as pigé ? Lorsque Juste rapporta son "entretien" à Christiane, celle-ci, en resta bouche bée. A son insu et depuis des années, ceux qu’elle craignait tant, avaient été les gardiens de ses nuits ainsi que de ses jours. Une révélation ! Christiane, soudainement mélancolique, laissa couler quelques larmes d’émotion. Enfin, le passe-droit, avait été obtenu. C’était le principal ! La belle, ayant une âme de « Mère Térésa » - quelle garde encore, du reste - prit Juste sous son aile. Notre mère-poule, le rhabilla de pied en cape et lui fournit tout le nécessaire de toilette, afin qu’il se gardât propre et digne. Une bonne chose de faite ! Ensuite, elle entreprit de lui transmettre quelques rudiments de savoir-vivre. Et ce n'était pas du luxe !

 

De son côté, il lui avait présenté quelques connaissances du Val-D’oise (Ecouen). Franchement, mon Essentiel, était restée circonspecte quant à ce type de relations ;  peu reluisantes ! Juste, n’était pas un mauvais garçon. C’était un gosse en perdition, en carence affective et dénué de toute forme de morale et d'instruction. Il était gentil, débrouillard et serviable. Ce qui gâcha ce peu de qualités, c’est qu’au fil du temps, elle le découvrit sournois, menteur, cupide, paresseux, voleur dans l’âme et, sans aucun caractère ; le dernier parlé avait raison !

  

En dépit de tous ces points négatifs, Christiane, à son contact, se fit plus coquette donc plus séduisante, plus abordable et beaucoup plus loquace. "Le vilain petit canard" se métamorphosa en Cygne. Un seul pan de son moi profond restait insaisissable : ses crises de boulimie incessantes et insatiables qui lui grignotait le cerveau. Juste, soupçonnait-il quelque chose ? Impossible à affirmer. Ce dernier était un fêtard, un bringueur qui levait bien le coude !

 

Jusqu’à présent, l’existence de Christiane, s’était limitée à un combat perpétuel, loin des turbulences et du brouhaha extérieur. Certains diraient « la vraie vie ». C’est ainsi, qu’elle se découvrit un besoin de vivre insoupçonné et intense. Chaque week-end, la belle et son compagnon, écumaient tous les cafés arabes des alentours de la Mairie du 18ème. Le jeune couple était également des habitués du « Refuge des Fondues » à Montmartre et de tous les bars louches de la Porte de Clignancourt, dont la plupart des clients étaient des marginaux et des prostitués. Ils rencontrèrent Jacques Mesrine… (Dieu merci, seulement rencontré !). Ils fréquentaient assidument un bar-restaurant turc, appelé le « Cléopatre », chez qui ils festoyaient et dansaient jusqu’au bout de la nuit, sur les chansons de Joe Dassin, de J. hallyday, de Claude François, d’Iglésias, de Dalida, etc. Nos deux amoureux se couchaient aux aurores, après avoir fait une pause à Pigalle, pour déguster chez « Fritounette », une dernière assiette de frites accompagnée de bière fraîche. Quelle vie de patachon !

Or, indubitablement, il fallait bien que jeunesse se passe !

 

A une heure avancée de la nuit, Juste, suggéra à Christiane d’aller à boire un dernier verre sur les Champs-Elysées. Dans une rue adjacente, ils trouvèrent un bar de nuit avec lumières diffuses et une ambiance feutrée. Christiane, qui avait pris habitude de papillonner n’importe où et n’importe comment en provoquant - certes, inconsciemment - le sexe mâle, accepta de danser un slow avec l’un des clients du bar. Un slow - de l'avis de la jeune fille - sans conséquence. Pas du tout ; qui s’y frotte, s’y pique ! Car, Juste l’ignorait, le patron et tous les clients présents, étaient corses. Attention, pas des faux… d’authentiques corses avec l’accent, leurs lois, la mentalité, etc. Après un bref conciliabule, Juste prit Christiane à part, afin de la mettre en garde : le patron voulaient la « mettre à l’amende » et il s’agissait d’elle-même ! Et elle savait ce que cela voulait dire, la gourgandine ! Je ne saurais vous expliquer et, cela reste une énigme, comment Juste, l’avorton, réussit à se dépatouiller pour les sortir de cette embuscade. Le principal, c’est qu’ils repartirent sains et saufs. Une fois dehors, Christiane qui avait gravement balisé, remercia Dieu, en lui promettant de ne plus jouer avec le feu.

 

Cette même nuit, Juste et Christiane, patientaient dans leur véhicule arrêté au feu rouge, lorsque éberlués, ils aperçurent un petit chien qui traversait les Champs à fond de train. La bête, réellement affolée et perdue, ne savaient pas dans quelle direction aller. Juste, aimait les animaux. Aussi, c’est avec une dextérité étonnante, qu’il quitta son véhicule pour tâcher d’attraper l’animal ; et, quelle prouesse ; il y arriva ! Il revint avec le petit chien dans les bras. Un chien au pelage crasseux et nauséabond qui, visiblement, était aussi affamé, qu’assoiffé. En l’observant de plus près, à son faciès écrasé, ses petites oreilles tombantes et à sa queue relevée en panache, Christiane l'identifia. C’était un Pékinois. Pas de temps à perdre : Direction Saint-Ouen. En pleine nuit, Juste, s’appliqua à décrasser l’animal dans le lavabo. Le lendemain, le jeune couple se précipita chez un vétérinaire qui diagnostiqua une grippe. En plein mois d’août ? A part ça, c’était une chienne d’environ un an et en parfaite santé. Sur ce, Christiane, soucieuse de son bon droit, suggéra à son compagnon d’aller déclarer l’animal au commissariat. Pourquoi pas ? On ne sait jamais ! Les policiers, après leur avoir posé les questions de routine leur tint un langage peu commun. « Ce chien, vous l’aimez ? » Le couple avait acquiescé de la tête. Et avec un large sourire, ils avaient rajouté « Et lui, on dirait bien, qu’il vous aime déjà ! » Alors… ? gardez-le ! ».

 

C’est ainsi que Christiane, récupéra « Pupuce », qu’elle garda et aima comme son enfant, pendant dix ans. C’était une bête incroyable. Intelligente, aimante et reconnaissante. Par contre, elle détestait la solitude et c’est pourquoi, elle était toujours de sorties ; et nul besoin de laisse, car mademoiselle, marchait aux pieds de sa maîtresse, tout comme un Berger allemand. Dans le quartier des Puces, Juste et Christiane, étaient célèbres. On les surnommait « Les Amoureux de Pénée». A cette époque, tout baignait… Evidemment, à vingt-trois ans, on s’imagine avoir le monde à ses pieds et on est persuadé de détenir la science infuse ; que l’on peut tout envisager et planifier sa  vie à sa guise. Naïvement, on croit manœuvrer et dominer son destin, conformément aux buts fixés. Petite fille… Attention ! Et comme tu te goures !! Entre les deux tourtereaux, leur relation amoureuse finit par s’altérer lorsque Christiane, lasse de ce garçon trop faible, feignant, et hypocrite, le trompa ouvertement.

 

Son dernier forfait - une trahison - avait fait déborder le vase. Alors qu’il était sans travail, Christiane, lui avait trouvé un emploi de poseur de moquettes, chez un commerçant qui avait pignon sur rue. Après un rapide entretien, Juste fut engagé sur champ par le propriétaire des lieux qui, après un mois d’essai, le recruta définitivement. Au fil de leur rapport d’ouvrier/patron, une amitié croissante vit le jour. L’employeur n’avait qu’à se louer du travail de son unique salarié ; et, pour lui prouver sa confiance, il lui confia les clefs de sa boutique. L’homme aimait beaucoup le jeune homme. Un week-end, il invita le jeune couple, dans sa maison de campagne. C’était une grande maison bourgeoise très cossue et entourée de plusieurs hectares de forêt. Pendant trois jours, leur hôte et son épouse, les reçurent comme des rois. Ce fut génial ! Tous les plaisirs ont une fin. Un mois passa où Juste, comme chaque matin, se levait pour aller au boulot. Crédule et trop confiante, Christiane, ne pouvait se douter qu’il avait été licencié pour faute grave et que, craignant de lui annoncer, feignait d’aller travailler. En réalité, il passait ses journées à glander et à vadrouiller dans les rues de Paris. La cerise sur gâteau, c’est qu’en plus de feignanter, il avait dépensé l’intégralité de son salaire. Non content de ne plus subvenir aux besoins du ménage, il avait vidé la tirelire de sa compagne, qui débordait de pièces de dix francs. C’est en sanglotant que Christiane retrouva son "Cochon" vide. Le voyou ! Attendez qu'il arrive !! C'est en vociférant qu’elle accueillit le voleur. Le salopard, décidemment de mauvaise foi, jura sur la tête de je ne sais qui, qu’il n'y était pour rien ! Innoçent ?? Les prisons en étaient pleines ! Plus déterminé qu’une armée de bretons, il s’en tint à cette version. Fallait-il qu’il soit obtus et idiot ! Bien sûr, elle n’avait pas de preuves… C’était qui alors ? De mauvais esprits ?

 

La pilule lui resta en travers du gosier. Après tout, ce n’était que de l’argent ! Lorsqu’on aime on ne compte pas ! Revenons à nos moutons. Le licenciement inavoué de Juste. Le fin mot de l’histoire, était la raison pour laquelle, il avait été viré. Disposant des clefs du magasin, le bandit, n’avait rien trouvé de mieux que de dépouiller son bienfaiteur. Il faut vraiment être pourri jusqu’à la moelle pour agir ainsi ! Je vous l'ai dit ! Aucune éthique, aucun scrupule !! Christiane fulminait de l'intérieur. Trahir la confiance d’un être au cœur aussi gros que le mépris qu’affichait mon Essentiel, à l’encontre de son concubin. C’est honteux ! Répétait Christiane, en larmes. 

 

Permettez-moi de vous en passant, que l’amour est aussi fragile que du cristal de Bohème ; très fragile ! S’il n’est pas basé sur la confiance, l’honneur et le respect de l’un comme de l’autre, il est destiné à s’étioler pour mourir à jamais. En ce qui concernait Christiane et Juste, il était déjà trop tard. Leur amour, rongé à la racine, était moribond.

 

Ce mec, qui avait pratiquement vécu à ses crochets et à qui elle avait offert une famille, un toit, un foyer, l’avait manifestement manipulée telle une marionnette !

  

    Eh bien maintenant, à nous deux !!  

 

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....................................................................................................... A suivre

A bientôt, les blogueurs !

 

 

 

        

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La Cour des Miracles

 

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...................................................................................... 12ème épisode
 

Ma préférence à moi, avait été lésée et ceci, par la seule faute de sa mère. Par son égoïsme et son imprudence face à l’avenir. Et le destin, en s’en mêlant, avait statué. Sans appel !! Quant à la vente dudit appartement, certes, inclus dans la liquidation judiciaire, il était loin d’être vendu ! En attendant, Christiane, en gardait la jouissance. C’était légitime… Après la déchéance de ses parents, mon Essentiel, fut confrontée à de nouveaux problèmes insolubles : ceux du compteur d’eau collectif à l’immeuble du 97, rue des Rosiers. Un soir où elle avait avalé une quantité considérable de nourriture, elle prit d’asseau comme d’ab, les toilettes. Après savoir copieusement vomi, elle tira machinalement la chasse d’eau . Et quelle ne fut pas sa surprise… Plus d’eau !! Pas plus aux robinets qu’ailleurs. Consternée par ce phénomène inexplicable, elle descendit en trombe dans la cour, vérifier l’arrivée d’eau. Rien ; plus une goutte ! Mon Dieu, quelle guigne ! Qu’allait-elle devenir ? Elle, qui déversait des kilos de bouffes par jour, dans les W.C.… Comment allait-elle s’y prendre… ? Si ma mémoire est bonne, c’est à compter de ce jour, à marquer d’une pierre blanche, que s’amorça une guerre inextricable.

 

Le pot de fer contre le pot de terre : Le syndic des copropriétaires, les locataires, ainsi que la Compagnie des Eaux de Saint-Ouen. Tout ce petit monde allait s’accuser mutuellement en se renvoyant les responsabilités. L’immeuble que Christiane habitait, était en si mauvais état et si insalubre, que les propriétaires n'auraient jamais habité de tels taudis. Ils préféraient de loin louer à de pauvres bougres originaires du Maghreb et d’Afrique noire ; ce qui leur permettait de passer au travers des frais de copropriété. Et c’est ainsi que le cercle vicieux se mit en place. C’était incontournable. Le Syndic, en attente de ses sous, coupait tout ce qu’il pouvait couper. En l’occurrence, l’EAU, une denrée si précieuse !

 

Ce qui aurait arrangé la principale plaignante, dénommée Christiane, c’est que l’on supprime le compteur d'eau collectif, contre des compteurs individuels ; ce qui n'était pas envisageable ! L’entrée de l’immeuble, à elle seule, aurait dissuadé n’importe quel occidental. Ses boîtes aux lettres défoncées et la puanteur ambiante du couloir, barbouillaient les estomacs les plus coriaces. Mon héroïne, les soirs d’hiver, terrorisée à l’idée d’avoir à franchir l’interminable coupe-gorge dépourvu de lumière, pointait un cent mètres jusqu’à la « Cour des Miracles » et, le cœur sur le point d'exploser, elle gravissait les quelques marches menant à son appart, comme si un tueur en série l'avait poursuivie. C’est le souffle court et soulagée d’être intacte, qu’elle fermait sa porte à double tour. Ainsi barricadée, elle s’espérait en sécurité.

 

Solitaire et délaissée, la jeune fille, vécut les trois premières années à Saint-Ouen, avec une épée de Damoclès suspendue au-dessus de sa tête. Toutes les nuits, sur l’écran noir de ses nuits blanches, elle se voyait agressée, tuée à la machette, violée et que sais-je, encore ! Certes, le contexte où elle vivait n’était pas banal et même, rarissime ! Une française de souche, une Gauloise, "survivant" parmi des africains et qui ne  revendiquait pas son droit à l’assimilation. Ce n’était pas croyable ; non ? L’image peu favorable que sa mère lui avait donnée des Nord-Africains, lors de la guerre d’Algérie, l'obsédait. Telle une petite fille perdue, elle ne pouvait se douter que ses voisins étaient des non-violents.

  

Pour en revenir aux coupures d’eau, elles avaient lieu environ quatre fois par an. Deux longs mois pendant lesquels, Christiane, s’organisait comme elle pouvait. Elle acheta deux seaux, afin de s’approvisionner chez Monsieur COUDY, le patron du restaurant, situé juste à bas de son immeuble. Le brave homme, compatissant au malheur de son prochain, branchait à une heure dite de la journée, son propre conduit d’eau sur celui de la cour. Ainsi, Christiane, soucieuse de sa personne, pouvait faire sa toilette correctement, laver son carrelage et sa vaisselle et, l’essentiel… Verser des seaux d’eau javellisée dans la cuvette des W.C. « Quelle vie de merde », se disait-elle souvent, en se démenant  pour écrire à droite et à gauche : au Maire, au Préfet, à la Cie des Eaux, etc. Inutilement, puisque ceux-ci, se montraient résolument sourds et muets !

 

Afin de se faire entendre, elle avait frappé à toutes les portes. Elle en était à son énième courrier, quand une petite voix lui insuffla une idée géniale : Adresser un courrier à France-Soir, en dénonçant les conditions de vie scandaleuse dans lesquelles ses compagnons d’infortune et elle-même, étaient condamnés. Une inspiration qui donna ses fruits… Un journaliste lui répondit. Dans tel numéro, paraîtrait d’ici peu, un article objectif et concis, accompagné de son courrier et ce, afin d’accuser les pouvoirs publiques ! C’était une goutte d’eau dans la mer ; oui ! Or, dans cette jungle qui est la nôtre, on gagne parfois à combattre et à se défendre. Car, un matin, la mairie fit installer une citerne d’eau potable, juste devant l’immeuble. L’inertie, concilier, n’était pas le genre de mon essentiel. A son âge, elle faisait déjà preuve d’un fort caractère ! Ce fut un petit pas pour Christiane la fonceuse, la battante ; et une enjambée pour les autres locataires…

 

"La Cour des Miracles", c’est ainsi que l’on surnommait l’immeuble dans tout le quartier. Dites-moi, pourquoi l’appelait-on ainsi ; la « Cour des Miracles » ? Une appellation qui rappelait forcément l’un des romans de Marquise des Anges. A un moment donné, Angélique, se retrouve par accident dans la cour des miracles, une communauté essentiellement peuplée de mendiants, de pauvres hères, d’éclopées, de voleurs, d’assassins… Tous ces personnages, vivent, copulent, mangent, boivent et dorment, dans un climat de suspicion malsain, truffé de maladies et au sein duquel, malgré tout, règne l’entraide des uns envers les autres. Pour nous, les habitants, la comparaison était-elle flatteuse ? Nous étions très loin de ces interrogations. La célèbre cour du 97, rue des Rosiers, faisait fonction surtout de dépotoire et de poubelle. On y égorgeait des volailles et le mouton, lors des fêtes religieuses musulmanes. L’été, pendant les grandes chaleurs, les africains se réunissaient dans le but de se restaurer, palabrer, chanter et danser sur les rythmes percutants et assourdissants des tam-tams.

 

Lors de ces festivités, il était hors de question et j’ajouterais qu’il aurait été kamikaze que Christiane proteste en se cassant la voix, pour leur crier « vos gueules là-dedans !! » Inutile. Le folklore et les rites faisaient la loi. La loi de l’Afrique noire, de ses effluves, de ses coutumes et de ses mélopées !

 

Pendant ce temps, or vacances, Christiane restait terrée dans ses appartements en n’osant à peine respirer et surtout, se gardant bien de déranger !

 

 Ciao, mes chers lecteurs !

................................................................................................. A suivre

 

 

 

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Après... La ruine

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........................................................................................ 11ème épisode

 

Très vite, à "Les Moines", ce fut la déconfiture. Par le biais de Satan, qui sait… ? Le quotidien était devenu un enfer ; tout s’était désagrégé. Gisèle, pourtant comptable de son métier, s’embrouillait dans les chiffres, en confondant « bénéfice et chiffres d’affaires ». Elle-même et son compagnon, étaient devenus les principaux clients de leur propre commerce. Souvent, ivres-morts, dans l’incapacité d’assumer leur travail, ils fermaient boutique pour s’offrir un roupillon comateux, duquel ils émergeaient souvent très tard. Tous les habitants du bourg ainsi qu’aux alentours, s’interrogeaient sur ces parisiens qui préféraient faire la nouba plutôt que de se mettre sérieusement au boulot. « Ricard » et tiroir-caisse, jouaient au ping-pong, en se renvoyant la balle. Giselle, était devenue irascible et méchante. Les altercations entre elle-même et son concubin, étaient fréquentes. Ils s’engueulaient pour des broutilles et le moindre mot de travers, mettait le feu à la poudre. Monique, la sœur de Bernard, qui débarquait pour de fréquents séjours chez son frère, était devenue le bouc-émissaire de Gisèle, qui scandait à tout bout de champ « Ta sœur, ta sœur… J’en ai marre de ta sœur ! » Un matin, levée du pied gauche, elle prit la pauvre femme pour cible qui, je le réitère, souffrait d’un grave cancer du colon. Après l’avoir affublé de tous les noms d’oiseaux et adjectifs sortis de son répertoire personnel, elle redoubla de colère en rajoutant qu’elle ne tolérait plus ses jérémiades de comédienne et que la porte lui était grande ouverte. En clair, elle lui pria de faire ses bagages et de disparaître !

 

Pour Monique, ce fut significatif et surtout, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Sans riposter, elle s’exécuta, fit ses valises et demanda à son frère de la conduire à la gare de Château-Thierry. En réalité, ce fut un adieu car, ils ne se revirent jamais. Atteinte au plus profond, elle ne pardonna jamais à sa belle-sœur, de l’avoir virée comme une malpropre, sans le moindre égard pour ses souffrances. Ceci expliquant cela, elle fit également une croix sur son petit frère Bernard, qu’elle adorait.

 

Quant à Christiane, ma préférence à moi, de son univers clos elle contemplait tout ce gâchis ; le cœur lourd et en extrapolant sur le pire. Les week-ends, ses parents étant trop abrutis par l’alcool, elle prenait le relais en s’installant derrière le comptoir. Si bien, que du vendredi soir au dimanche soir, le bistrot ne désemplissait pas. Tous les garçons de la région venaient pour plaisanter, se changer les idées, jouer au baby-foot et boire de la bière. Christiane, étant toute jeune - et     en dépit de ce qu’elle pensait d’elle-même - était ravissante, attirait la clientèle. Hélas, une fois cette dernière repartie à Paris, les volets – irrémédiablement – se baissaient de nouveau.

 

Gisèle passait ses nerfs sur tout le monde ; même sur sa jeune fille qui, pourtant, l’aidait au maximum. Un dimanche après-midi très ensoleillé, la jeune fille était assise en terrasse en compagnie deux garçons avec lesquels elle venait d’engager une conversation animée. Sa mère, l’ayant surprise dans une position - selon sa théorie - indécente,  fonça direct sur sa fille en injuriant les deux jeunes qui étaient présents. Christiane, avant de se ramasser deux beignes magistrales en pleine figure, s'entendit traiter de 'putain". Quelle honte ! Les larmes aux yeux, la jeune fille, partit se réfugier dans sa chambre. Certains alcooliques, une fois pleins, se contentent de dormir. Or, en ce qui concernait Giselle, l’alcool lui montait à un tel point à la tête, qu’elle en devenait redoutable. Entre deux comas éthyliques, le couple « Lefau », fit faillite et dût obligatoirement déposer le bilan. Cette folie, ce semi-suicide, avait engendré le congé – je dirais même mieux, la débâcle - de tous les ex-noceurs.

 

Résultat : plus un sou en caisse, ni à la banque et des dettes pour des années. Il y eut évidemment une liquidation judiciaire. Le petit appartement de la rue des Rosiers, qui n’appartenait pas à Christiane, fit partie du lot. Les anciens propriétaires, anéantis, récupérèrent - dans un piteux état -  leur commerce auquel il tenait tant et qu’ils avaient dû vendre, aux fins de  profiter d’une retraite bien méritée. Pour eux, vieux et fragiles, le monde s’écroulait. Après avoir dû avaler et digérer les blâmes et les reproches du couple de vieillards, Giselle et Bernard, furent gentiment priés de mettre les voiles. Pour seuls bagages, leurs vêtements et quelques objets personnels, indispensables. Redevenus lucides, ils durent faire face à leur désespoir, à leur chagrin, à leur solitude et... à leurs regrets… Désormais, englués dans une misère noire, il était temps qu’ils se mettent à la recherche d’un logement, pour éviter de dormir à la belle étoile.

 

En ce début des années soixante-dix, les emplois foisonnaient. Ils ne furent pas longs à trouver un emploi d’aides cuisinier dans un restaurant pour routiers « L’Auberge  Rouge », avec comme gros lot, un logement de fonction. Ne dit-on pas que nous avons tous un Ange Gardien ? Ils disposaient d'une coquette maison d’un étage, d’une cave et d’un garage, en plein centre du village. A l’endroit même ou trônait, comme un pied de nez à leur passé, le bar du village !! Dans la vie, il n’y a pas de coïncidences. Un proverbe est à retenir : « Rien n’est jamais acquis ». C’était descendre bien bas, après avoir eu une situation assise et avoir hérité d’un capital !!

 

Bye, bye, mes chéris !
............................................................................. A suivre

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"Les Moines", le bon plan

....................................................................................... 10ème épisode

 

Tant bien que mal, la vie continuait, au 97, rue des Rosiers. Christiane, avait empaqueté ses récents déboires, dans un coin secret de sa mémoire. La honte et la peur des humiliations ayant pris le dessus, elle pensa qu’il serait plus sage, qu’elle se fasse oublier. Chez les commerçants des Puces, les rumeurs allaient bon train ! A une telle vitesse, qu’elles se transmutaient de bouche à oreille ; et pas au bénéfice du doute ! Tout serait déformé ; évident ! Qu’il s’agisse de viols ou de simples tentatives de viol, les langues, avec un acharnement non contenu, se délient. Aux yeux de la société, c’est la fille qui a toujours tort. La source de toutes mes espérances était condamnée d’avance. Déjà, elle imaginait les commentaires. "Entre-nous, pourquoi cette petite trainée, l’avait-elle suivi ? Pour faire du tricot ? Bien fait pour elle ! Et puis, elle l’avait bien mérité et s’en était sortie à trop bon compte !" Christiane ne se sentait pas la force de subir la méchanceté ambiante, les allusions, les sarcasmes et qui sait… les insultes. !

 

De toute façon, chaque fin de semaine, le vendredi soir, elle prenait le train Gare de l’Est, en direction de Château-Thierry. Son beau-père, Bernard, garé devant la gare, l’attendait dans sa voiture afin de rejoindre le bourg ou se trouvait le café/tabac/épircerie de ses parents. Certains week-ends, son frère Charles-Henry, se joignait à elle. D’ailleurs, à l’époque, tout le monde, famille et amis, venaient passer les fins de semaine : Sa sœur Ginette et Roland, surnommé « Roro », Son frère et sa petite amie du moment, Monique, la sœur de Bernard qui, rongé par un cancer de l’intestin, venait se reposer pour un laps de temps. Sa copine Francesca et son mari, etc. Dans le troquet, l’alcool - gratuit pour les invités - coulait à flot et la bouffe était correcte ! Alors ? Pourquoi s’en seraient-ils privés ; puisqu’ils y étaient conviés ! Son frère, avait même organisé un méchoui avec de la musique et tout le tintouin !

 

Le plus dur pour Christiane, c’était de se lever dès l’aube le lundi, pour se rendre à la gare de Château-Thierry et reprendre ses activités. Depuis prés d’un an, qu’ils avaient pris le relai des anciens propriétaires, Giselle et Bernard, s’étaient vite accoutumés à leur nouvelle vie, ainsi qu’à la clientèle :  de jeunes désœuvrés, des ouvriers et des paysans. Christiane, qu’elle se trouvât "Aux Moines" ou à "Saint-Ouen", continuait ses séances de grandes bouffes qui se terminaient obligatoirement au même endroit. Parfois, à deux doigts du malaise, elle se plongeait – in extrémiste – la tête dans la cuvette des toilettes, en dégueulant ses tripes. Comme si elle devait exorciser un mal être profond et indéfinissable… Le seul inconvénient, lorsqu’elle séjournait chez ses parents, c’était l’accès auxdites toilettes. Celles-ci, étaient mitoyennes à leur chambre. Le moindre bruit résonnait. Un exemple : le lendemain du méchoui, son beau-père, fit la remarque suivante et devant tout le monde. « J’sais pas qui a dégueulé cette nuit, mais ça y allait !! » L’intéressée, tout en regardant ailleurs, fit mine de ne rien entendre.

 

En fin de compte, la question était la suivante : comment Giselle, s’arrangeait-elle, pour ne rien voir ? Feignait-elle d'ignorer que sa fille mangeait comme dix, alors qu’elle était aussi grosse qu’un fétu de paille ! A moins, qu’effectivement, elle fut aveugle… Ou bien, comme Ponce Pilate, elle s’en lavait les mains. Et pour finir, n’avait-elle pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour soigner et guérir sa cadette... ? Peut-être estimait-elle n’avoir rien à se reprocher… Pour Christiane, ça ne restait que des suppositions car, elle ne pouvait hélas, disséquer les pensées les plus intimes de sa mère. Non seulement, elle se détruisait la santé à petit feu mais également cette boulimie incessante, lui coûtaient les yeux de la tête. Son salaire était décent ; soit ! Or, le loyer, plus exactement les traites du crédit de l’appartement, additionnées au gaz/électricité et autres frais divers, les fins de mois s’avéraient difficiles ! En vérité, elle s’acquittait chaque mois d’une certaine somme, pour un appartement dont elle ne serait jamais la propriétaire. Pour la simple raison que Giselle, n’avait pas pris la peine d’entamer la moindre procédure, pour qu’il soit à son nom ! En outre ses deux ainés, Charles-Henry et Ginette, aurait hurlé à la spoliation ! Quoique, ces deux pingres égocentriques, avaient déjà reçu de leur mère, une somme conséquente ! Leur cadette, la pauvre « MINOU », la bonne pâte, n’avait rien eu ; si, quelques meubles et ses yeux pour pleurer !

 

Un matin, surprise ! Christiane se préparait à aller travailler, quand elle sentit un liquide couler le long de ses cuisses. Du sang !! Incroyable. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles, s’était-elle dit pendant ces cinq dernières années. Et franchement, cet état propre à toutes les femmes en âge de procréer, ne lui avait pas manqué… (Maux de ventre, nausées, vertiges, sauts d’humeur et, j’en passe !). Puisqu’elle ne pouvait rien changer à la nature, elle clama à haute voix, avec un sourire mi-figue, mi-raisin, « Bienvenue chez toi». Présentement, elle en savait suffisamment, pour connaître les risques de tomber enceinte… A ce sujet, elle n’avait aucun souci à se faire ! L’horrible mésaventure, la rappellerait à l’ordre.

 

    Désormais, celui qui pourrait se vanter de l'avoir eue, n’était pas encore né !


...................................................................................................... A suivre

 

Bye, les blogueurs !o2r9x0o8

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Gueule d'amour

 

............................................................................................... 9ème épisode
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Christiane, courait allègrement sur ses vingt et un ans et n’avait toujours pas de petit ami. Ses collègues de bureau, après l’avoir suffisamment «cuisinée», avaient été surprises d’apprendre qu’elle était pucelle. Pu celle que vous croyez ?? Elle était peut-être issue d’une race en voie de disparition… ? Normalement, à protéger !! Toujours est-il que ces dames n’avaient jamais entendu une chose pareille ! Depuis, les réflexions et les quolibets fusaient à tout propos. Etait-ce une tare, une malformation, une déficience sexuelle ou mentale ? Se demandait la jeune fille, désemparée. Néanmoins - ce qui la rassénérait, c’est qu’elle ne se sentait pas du tout attirée par les femmes… C'était déjà ça!! Malgré elle, ce qui avant était loin d’être un problème, désormais, lui prenait la tête !

 

C'était un dimanche. Christiane flânait dans les rues ensoleillées des Puces, en s'arrêtant de stand en stand. Elle n'avait pas remarqué qu'un vendeur au physique aguicheur, l’ayant repérée parmi la foule, tentait une approche. C'est au moment où toute son attention était rivée sur un bougeoir, que l'individu choisit de l'aborder. A la fois flattée et sous le charme du jeune homme, Christiane, se laissa séduire par son charisme et ses paroles enjôleuses. Ils échangèrent des banalités tout en continuant à marcher. Le beau ténébreux attendit quelques jour pour l’inviter au restaurant. Tout a fait naturellement, le jour dit, il lui suggéra de venir boire un verre chez lui, avant d'aller dîner. Très méfiante, la belle, protesta en lui lançant qu’elle n’était pas le genre de fille à suivre le premier venu, etc. Le garçon, se faisant très persuasif, insista  en objectant qu’elle n’avait rien à craindre ! En l’occurrence, manquant ce jour là de perspicacité, ma préférence à moi, abdiqua devant le Diable… Un piège savamment orchestré qui allait la marquer au fer rouge pour le reste de son existence et en l'atteignant de plein fouet dans son honneur et puis, dans son identité de femme.

 

L’appartement se trouvait au deuxième étage d’un immeuble banal. Sa décoration était sobre et les pièces, spacieuses. Se laissant subtilement embobiner, Christiane la timide, Christiane la prude gamine, eût assez d’audace pour se laisser entraîner, nue, dans le lit de ce garçon, qu’elle connaissait à peine. Au moment crucial, la sonnerie du téléphone se déclencha. Dring ! Instantanément, prenant la tête de circonstance, le jeune homme, répondit illico «Oui, c’est bon ; à tout à l’heure ! ». Ce fut foudroyant. Recouvrant d’un coup ses esprits, Christiane, sentit son sang se figer dans ses veines et n'eut qu'un réflexe, fuire !! Pauvre gourde ! Elle avait servi d’appât ! Incapable de dominer sa frayeur, elle se saisit de ses fringues et, terrorisée, prit ses jambes à son cou en se ruant sur la porte d'entrée. Trop tard… Un tour de clef dans la serrure et, une armada de jeunes dont une fille, surgirent tels des diablotins de leur boîte. Pareils à une horde de fauves affamés, ils se jetèrent sur la jeune fille, en essayant de la plaquer au sol. C’est affreux, la peur… ςa vous tétanise, on claque des dents, le cerveau ne répond plus. Bref, on est plus soi-même. Christiane, obsédée par l’instinct de survie, les jambes coupées, s'époumonnait à hurler en priant Dieu de toutes ses forces. Tentant d’esquiver l’avalanche de coups qui s’abattait sur elle, la malheureuse, déployant tout ce qui lui restait d'énergie, se débattait à force coups de pieds et de dents. C’était un cauchemar ; elle allait bientôt se réveiller... Des mains inconnues parcouraient son corps nu ainsi que son intimité exposée à tous les regards.  Elle était cramoisie de honte. C’est avec un ultime soubresaut, qu’elle réussit à se dégager, à franchir la porte et à dégringoler quatre à quatre les marches de l'escalier, au risque de se briser les os. Ils allaient la poursuivre, quand elle entendit un bref « Laissez-là donc partir, cette conne ! ».

 

Ouf, merci, mon Dieu ! A moitié anesthésiée, elle se rhabilla fébrilement, dans le couloir. Elle percevait encore leurs ricanements et leurs moqueries salaces. Tremblant de tous ses membres, le cœur battant à cent quarante, elle respira une grande bouffée d’air brûlant, en savourant comme un bagnard, ces minutes de liberté. Non. Le monde ne s’était pas arrêté pour autant… Cette fille… quelle horreur ! Elle lui rappelait la rousse nymphomane, alcoolique et totalement cinglée, du film « L’INSPECTEUR HARRY » avec CLEANT HEASHOOD. La femelle, primitive et sans pitié, était l’instigatrice du viol en réunion de deux sœurs dont la plus jeune, à jamais démolie et traumatisée, avait fini dans un asile psychiatrique.

 

Christiane, choquée, resta assise un long moment sur le trottoir, afin de récupérer et réfléchir. Elle revenait de loin ! Que ceci te serve de leçon… se dit-elle, en pensant à sa mère. Pourquoi l’avait-elle laissée à la merci de ce genre de loubards ? Quand elle sortait à peine de l’enfance ! Ce constat lui déclencha un chagrin insurmontable. Un flot de larmes la submergea sans qu’elle ne pût les contenir. Ce qu’elle éprouvait à cet instant précis, elle n’aurait pu le traduire, ni le peindre, ni le raconter ; mais elle souffrait dans ses tripes. Malgré elle, on l’avait humiliée, salie, souillée. Toutes ces larmes étaient exutoires.

Personne ne devait savoir et personne ne sut jamais.

 

Bisous à tous !!
.............................................................................................................. A suivre

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Adresse : St-Ouen

 

 

................................................................................... 8ème épisode

 

La vie à Saint-Ouen était des plus tristounettes ; lugubre, austère… Désormais, mon Amérique à moi, se levait à six heures du matin alors qu’elle devait être opérationnelle sur son lieu de travail, à huit heures trente… Maso ?? Pas du tout ! Cherchez l’erreur ! Trop affamée, elle démarrait ses journées par un petit déjeuner conséquent, plus vite avalé qu’un hanneton par un canard et, qui finissait direct dans les toilettes. Ce rite accompli, elle s’habillait et partait à pieds en direction de la Porte de Clignancourt, où elle sautait dans le bus « 56 » qui la déposait au coin de la rue de Charonne, sis la Caisse de Retraites des Vétérinaires.

 

Au bureau, l’ambiance était plutôt cool, bon enfant… Il n’y avait pour ainsi dire que des femmes, hormis le comptable, l’aide-comptable et le Directeur que tous, surnommaient « Barbichou», pour sa ressemblance avec le capitaine NEMO. Quant à Christiane, peu loquace et toujours sur ses gardes, tout en tapant ses cartes perforées, tendait une oreille indiscrète aux conversations de ses collègues féminines. Parfois, c’était carrément harde ! En effet, ces dames, se rapportaient - sans aucune pudeur - leurs problèmes intimes ; qu’ils soient d’ordre de couples ou sexuels. Mine de rien, sans émettre la moindre indiscrètion, Christiane prenait à leur insu, des cours d’éducation sexuelle, gratos ! Toutefois, je pense qu’il est utile de souligner que Gisèle, n’avait jamais rien caché à sa fille, en ce qui concernait les rudiments de la procréation. Sa sœur, l’avait seulement perfectionnée, en l’emmenant visionner un soir avec sa copine Chantale, un film porno ! Ce qui l’avait fortement perturbée !! Ledit film, interdit au moins de 21 ans (cherchez l’erreur !) fut sa première confrontation avec le sexe - si je puis dire –.

 

La seconde fut la suivante : elle devait être âgée de treize ans. Une nuit, elle fut réveillée par des bruits étranges. Des halètements suivis de râles étouffés entrecoupés de petits cris, comme ceux d’un animal blessé ; et d’une ampleur déconcertante. Intriguée et alarmée, la gamine, toute chamboulée, s’était assise sur son lit en tendant l'oreille à son maximum. Sa mère serait-elle souffrante ? Son premier réflexe fut d’ouvrir la porte pour courir à son secours ; or, une petite voix, lui insuffla de ne surtout pas bouger de son lit. Un sixième sens… ? A cet âge, si l’on est trop ignorant pour éclaircir un phénomène aussi scabreux, on se tourne vers ses camarades d’école. Très vite mise au parfum, Christiane comprit enfin pourquoi sa mère, l’incitait chaque dimanche après-midi, à aller au cinéma. En se remémorant ces fameux dimanches, la jeune fille regretta que Giselle, pour satisfaire des besoins certes naturels mais basiques et qu’elle aurait pu dominer, ait pu expédier ainsi sa jeune fille - pour avoir le champ libre - . Au lieu de s’enfermer dans une salle de cinéma, Christiane, aurait pu n'en faire qu'à sa tête ou se faire agresser, enlever, violer… Ce qui expliquerait, aujourd’hui, son aversion pour le septième art !!

 

Certes, le quotidien à Saint-Ouen, n’était pas folichon. Certains dimanches, ne sachant que faire de sa peau, la tête bassinée d’idées noires, elle partait se balader le long du périphérique. Du samedi au lundi, l’endroit était trop surpeuplé et bien trop bruyant… Les trottoirs, désertés une partie de la semaine, grouillaient de monde. Des gens de tout bord, de tous âges, de toutes nationalités, flânant, chinant, fouinant, marchandant sur les étales des brocanteurs et des boutiques de vêtements. Et le soir, à vingt et une heures, la douche écossaise. Plus un chat dans les rues. Que des vitrines aux rideaux fermés…

Un désert et un isolement à couper au couteau !

 

.............................................................................................................. A suivre

 

Bye, les blogueurs !

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