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La déchirure.

 

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................................................................................... 7ème épisode

 

 

 

Deux semaines après les réjouissances, Giselle, prit sa fille à part pour lui annoncer une nouvelle d'une extrême importance. Christiane, toute excitée par sa curiosité féminine, ne se fit pas attendre. Elle ne fut pas déçue du voyage… Lorsqu’elle sut de quoi il s’agissait, tous ces os ce glacèrent et elle sentit des sueurs froides courir le long de sa colonne vertébrale. Paris, étant - selon le médecin - déconseillé pour Bernard, son compagnon... avait commencé sa mère... qui mâchait ses mots. Pour résumer, il était urgent qu’il quittât la capitale pour un air plus sain, comme la campagne. Aussi, avait-elle rajouté en fuyant le regard effaré de sa fille, une Agence Immobilière de l'Aisne, lui avait proposé un bistrot qui était à vendre (le genre de bouiboui qui fait tabac, épicerie et bazar) et pour lequel elle avait mis une option. D’ailleurs, la signature entre les propriétaires et les acheteurs, était prévue le dimanche suivant. D’ici trois mois, ils devraient avoir déménagé pour rejointdre un bourg appelé «Les Moines». Le trou du cul du monde… «Surtout, ne te tracasse-pas, ma chérie, j’ai tout prévu ! Nous allons te chercher un studio… » Sur ce, elle avait attiré sa fille contre sa poitrine, en lui jurant qu’elle l'aimait, qu’elle ne serait pas si loin, qu’elle pourrait venir autant qu'elle le souhaiterait, etc., etc.… Mon essentielle avait la sensation d’avoir pris un douche froide. Sous le choc, elle ne fit aucun commentaire ; cependant, un fort sentiment de trahison, la pénétra de haut en bas. Sans doute, pour chasser ses mauvais génies, au cours du dîner, réprimant un irrépressible envie de pleurer, elle se gava jusqu’à l’écœurement.

 

C’est à Saint-Ouen, que Giselle, dégota un studio de vingt mètres carrés au 97, rue des Rosiers ; une des rues les plus célèbres des « Puces », le célèbre marché. L’immeuble était cradingue et vétuste. Le porche et, le couloir, avec ses boîtes aux lettres déglinguées, ses détritus traînant à même le sol, était un vrai coupe jarret ! C’est simple, le délabrement et les odeurs, auraient fait fuir une armée de clochards. Gisèle, s’adressant à sa fille qui était devenue diaphane, s’empressa de la rassurer : « Ne te fie-pas aux apparences. Tu vas voir ; ça va te plaire… » Au bout du long couloir, elles arrivèrent dans une cour cernée d’immeubles, aussi sales et délabrés les uns que les autres. A gauche, un escalier en pierre, donnait sur l’extérieur. Christiane s'attacha aux pas de sa mère qui se dirigeait vers l'escalier et, sortant des clefs de son sac, elle ouvrit une porte dont la solidité, plus que douteuse, lui donna des frissons. Elle se faisait déjà un film. Un film d'horreur ! Il est vrai que la jeune fille s’était attendu à pire. Deux petites pièces donnant sur la rue et un passage étroit qui pouvaient servir de cuisine ; cependant… ni toilettes, ni salle de bain. Christiane en fit la réflexion… Sa mère, pareille à un Agent Immobilier pressé de vendre sa camelote, lui venta les bons côtés du "bien" tout en faisant son possible pour la tranquilliser. Et puis, enchaîna-t-elle, « Coco », un de leurs amis à elle et son compagnon, s’était proposé pour faire les travaux ; un cabinet de toilette et une petite cuisine, toute en longueur.

 

Apparemment, c’est déchargé d'un gros poids et, réellement plus détendue, que Gisèle referma la porte du minuscule appartement. Une corvée de faite ! A aucun moment, elle  ne s’était préoccupée de la sécurité de sa fille. Et surtout, si Christiane se sentait prête à vivre dans un tel lieu où le danger omniprésent ! Surtout pour une jeune fille...

 

L’appartement fut habitable plus vite que prévu. Comme convenu, Coco, installa des toilettes et un grand lavabo au bout du couloir et lui aménagea une miniscule cuisine. Sa mère, acheta des meubles de style espagnol, des stores et des voilages pour les fenêtres, un grand lit, avec un beau dessus de lit en satin jaune, pour la chambre, un poêle à gaz pour le chauffage, une télévision, un petit réfrigérateur et une cuisinière. Léon, colla du papier peint sur les murs et Coco, refit le carrelage. L’ensemble, une fois fignolé, ressemblait à une maison de poupée, accueillante et douillette.

Que demander de plus !

 

C’est avec beaucoup d’appréhension que Christiane songeait au prochain départ de sa mère. L’idée de se retrouver dans ce bouge et totalement isolée, la terrorisait. Gisèle avait tout programmé. Pour ouvrir un compte bancaire à sa fille, elle l’avait émancipée car, à cette époque, la majorité était à vingt et un ans. Charles-Henry et Ginette, les deux ainés, furent sollicitées pour visiter "le petit bijou" comme disait leur mère. Dieu sait, qu’il n’y avait pas de quoi faire des jaloux… Or, ces derniers, mesquins de nature et ayant manifestement une dent contre leur petite sœur, protestèrent en disant « et nous… ? ». Giselle, par souci d’équité, leur versa une somme rondelette en espèces - alors qu’elle n’était pas obligée - en compensation de « cette flagrante injustice ».

 

En ce qui concerne mon héroïne, Christiane, le départ définitif de ses parents est resté trouble ; un trou noir sans ombre ni faille. Aussi noir que le couloir de l’immeuble dépourvu d’électricité. Aussi noir que ses nuits d'insomnie devant l’écran sombre de ses illusions. Aussi noir que les rues de Saint-Ouen, si tristes et si désertes, en semaine. Aussi noir que ses idées ourlées de mélancolie, d’angoisse et de désespoir. La pauvre, était loin de se douter qu’elle resterait des années dans cet endroit sinistre où, en fait, elle était la seule et unique française. Le reste des locataires, sans exception, était d’origine maghrébine et sud-africaine. Elle dut dominer ses peurs en se persuadant du bon côté des choses. Intérieurement, elle se disait : au moins, à présent, je suis tranquille. Personne n’est là pour me sermonner ou pour me juger ; et le nec plus ultra, c’est que je dispose de toilettes personnelles !

 

Elle n’est pas belle la vie ??

............................................................................................................ A suivre

A plus, les blogueurs !

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Vingt ans...

 

 

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............................................................................ 6ème épisode


Dans le petit trois pièces avec fenêtre sur cour, la vie continuait son petit bonhomme de chemin, avec ses exigences, ses conflits et ses accalmies. Ginette, alors âgée  de vingt-cinq ans, venait chaque samedi déjeuner à la maison. Ces jours là, ma Préférence à moi, sortait de sa coquille. Ses yeux éblouis, détaillaient avec admiration le physique parfait de sa sœur. Son visage aux yeux verts, son sourire angélique, ses courbes impeccables et sa silhouette si fine et si élancée. Celle-ci, était si élégante, si racée, si intelligente, si gaie, si… tout, quoi ! En plus, elle vivait dans les beaux quartiers ; le 16ème arrondissement, à deux pas de la Tour Eiffel et des Champs-Elysées.

 

Quelques années auparavant, une idyle était née entre cette dernière et son ophtalmo, le Dr C... qui l'avait connue petite. Depuis, cette relation avait évolué et de là, s'étaient enchevêtrés les fils d'une vie relativement facile et faite d' exubérance, de luxe, d'amour et de désir non partagé mais tacitement accepté. A l'époque de cette rencontre, Ginette était âgée de cinq ans et l'homme, en avait vingt-sept de plus Il aurait pu être son père ! Largement. Un père qui fit de cette jeune fille son éternelle maîtresse et une maîtresse de maison accomplie. Une rencontre prépondérante, puisque le Docteur, était issu d’une grande famille et qu’il était l’un des meilleurs Chirurgien/Ophtalmologiste de tout Paris. Leurs destins devaient se croiser.

 

A table, Ginette, était très volubile. Sans tabou, très libre avec sa mère, elle lui rapportait des anecdotes « croustillantes » que Christiane écoutait d’une oreille chaste et attentive. Gisèle, elle, très complice avec sa fille ainée concernant des sujets assez chauds, rigolait à gorge déployée en faisant maints commentaires et jeux de mots, que la gamine tentait de saisir. Gisèle aussi, était très fière de sa grande fille. Elle répétait à tout bout de champ, que c’était une très belle fille, etc., etc. Vers dix-sept heures, la star de la maison se levait de table, en disant «J’y vais ; j’ai rendez-vous avec Roro pour dîner au restaurant » et elle rajoutait en soupirant « quelle corvée ! ». Christiane, encore sous le charme, embrassait sa sœur en lui lançant un « A la semaine prochaine ! ». La petite, que ses frère et sœur avaient toujours surnommée « Minou » vouait à sa grande sœur, une admiration sans borne. Cette dernière, la fascinait et, l'ayant compris, Ginette, veillait sur sa petite sœur en gardant toutefois, une solide emprise sur l'enfant. Les paroles de la belle étaient paroles d’évangile et donc, Christiane, suivait ses avis et ses conseils, à la lettre.

 

Une nouvelle positive : depuis quelques mois, Christiane, travaillait à la Caisse de Retraite des Vétérinaires, dans le 10° arrondissement. En ce qui concernait la malheureuse expérience de Saint-Ouen, Gisèle l’avait finalement consolée et réconfortée. Lors de cette seconde expérience, les débuts avaient été laborieux ; or, on s’habitue à tout ! Gisèle, lui ponctionnait l’intégralité de son salaire en lui laissant le minimum. Tout juste de quoi se payer ses collants et ses tickets d’autobus. Les mois se succédaient ainsi, dans la routine. Les parties de boulimie et les crises de foie, étaient toujours à l’ordre du jour. Bien que : tout n'était pas négatif… où elle était employée, les toilettes étaient situées au fin fonds d’un long couloir sombre ; ce qui lui facilitait la tâche…

 

Bientôt, le mois de septembre, vint pointer le bout de son nez. Christiane, allait bientôt fêter ses vingt  printemps ; plus exactement, le 08 septembre. Sa mère crut bon de le rappeler à sa fille. Sans relever et avec une moue significative, l’intéressée replongea dans les eaux saumâtres de ses pensées. A ce qu’on dit, vingt ans, est le beau plus jour de la vie (tout dépend pour qui) et, comme l’affirme la chanson : « On n’a pas tous les jours vingt-ans. Ça n’arrive qu’une seule fois seulement… » Heureusement, cogita Christiane, en son for intérieur. Ses vingt ans ne changeraient certainement rien sa vie. Pourtant – elle l’ignorait – cette année 1970, était l’année des changements, des transformations et de la croisée des chemins. Décidemment pessimiste, elle se disait : « C'est pas demain que ma chienne de vie va changer ! ". D'ailleurs, elle n'arrivait pas à se projeter dans le futur. Par exemple, s'imaginer faire l'amour avec un homme, la terrifiait...

 

« Petite chose, tu as déjà de la vie une overdose et tu t’en fais une névrose car, certes, ce n’est pas l’osmose. Petite, tu n’as pas encore vécu l’apothéose car, sache que l’homme propose et la femme dispose. De la vie, tu n’as rien connu et rien vu, chère petite Rose… »

 

A l’occasion des vingt-ans de sa jeune fille, Gisèle, tint à faire les choses au mieux. D’autant plus que suite au décès de sa mère - la grand-mère de ses enfants - elle avait touché un joli magot. Un terrain qu’elle s’était empressée de vendre, ainsi qu'une maison en préfabriquée dont elle s'était débarassée par la suite. Au grand dam de son fils Charles-Henry, qui habitait ladite maison et qui était très attaché à ce bien familial Il avait eu beau protester cognant du point sur la table, Giselle, le pria de faire son baluchon et de partir. Donc, elle réserva la salle du bistrot du coin, le lieu même où jadis, son ex-mari Marcello, picolait au-delà du raisonnable. Elle n’est pas rancunière, se surpris à songer, Christiane. La fête se déroula en grande pompe. Auparavant, la reine des réjouissances, dût se faire une beauté. D’abord le coiffeur, de chez qui elle ressortit transformée ; les cheveux courts et crantés sur les oreilles, comme au temps des années folles. Je dois avouer que ça lui allait comme un collier de perles à une vache. Ensuite, la tenue (Very, very, important). C’est Ginette, sa sœur, spécialiste en la matière, qui avait choisi sa robe qui en fait, était son cadeau d’anniversaire. Quand la jeune fille découvrit la chose une fois sortie de son paquet, ma très chanceuse Christiane, retint un cri de protestation. Or, se refusant de contrarier son ainée, elle fit le maximum pour se montrer enthousiaste. La robe en question, était longue et de couleur gris/noir (d’un triste !). Le col montait très haut au niveau du cou et les manches « gigot » lui tombaient sur les poignets. Par contre, elle embrassait parfaitement son corps menu et mettait en valeur sa jeune poitrine. Cette robe, comme un fait exprès, était une copie conforme des années 1930… Désappointée, de mauvaise humeur, mal à l’aise, elle se se persuada qu’elle allait à un enterrement.

 

Présentement, Christiane, n’a gardé aucun souvenir du repas de son anniversaire, ni de ses cadeaux. Hormis une chevalière que lui offrit sa tante d’adoption, Monique ; qu’elle porte encore à son petit doigt… Des invités, par contre, elle se souvient encore de certains : Son frère et sa copine, sa sœur et son Docteur, Gisèle et Bernard, Francesca, sa meilleure amie, accompagné de Jean-Michel, son mari et André, son cousin… et pour les autres, c’est le trou noir ; le néant. A la fin des festivités, les vieux allèrent se coucher et les jeunes, se concertèrent pour aller danser en boîte. « Tu parles d'un plaisir !» ronchonna la reine de la soirée en s’efforçant de garder le sourire. Enfin, s’il le faut, allons-y ; en voiture Simone ! A peine arrivée, elle réquisitionna un fauteuil, qu’elle ne quitta pas de la soirée. Danser sur la piste à la vue de tous... Plutôt mourir !

 

Il y avait quelques mois de cela, une fille de son âge, entourée de garçons et la voyant passer, avait crié haut et fort et en la désignant du doigt : « Hé, les gars, vous avez-vu la fille, là-bas ?" Tous les regards s’étaient projetés sur Christiane « On dirait qu’elle a un balaie dans le cul ! ». La réflexion avait eu tant d'impact dans la salle du café, qu’elle avait déclenché une série de rires hystériques. Nul n'avait soupçonné à un seul moment, qu’elle pouvait souffrir d’une maladie… Dépressive et si maigre à l’époque, qu’il lui semblait marcher sur une barre d'équilibriste.

  

Les gens, souvent cruels, ne ratent pas une occasion de vous blesser, en vous atteignant au plus profond. D’autant plus, si vous laissez transparaître quoi que ce soit ; comme la vulnérabilité... VOUS DEVENEZ UNE PROIE. On est toujours victime des failles qu’on laisse transparaître !

 

Christiane songeait à cela, quand Francesca, vint la rejoindre pour l’entraîner sur la piste.

 

« Jamais !! » lui répondit-elle, en la repoussant. Scotchée à son fauteuil, il aurait fallu un escadron, pour la déloger !

 

.................................................................................................A  suivre

 

Bye, bye, les blogueurs !

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1968

......................................................................... 5ème épisode

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Comme au temps du cinéma muet, Christiane, vécut les évènements de mai 1968 en noir et blanc, sans broncher, ni vraiment  s’intéresser. Privée d’amis, loin des préoccupations des jeunes de sa génération, elle n’était pas du genre à revendiquer tout et n’importe quoi, à se planquer derrière les barricades, à squatter les universités transformées en lupanar ou, à jeter des pavés sur les flics, en hurlant des insanités. La pauvre gamine, était bien trop occupée à gérer sa vie, qu’elle traînait derrière elle, tel un boulet. Se faire vomir en cachette n’est pas donne à tout le monde… Ca demandait beaucoup de stratégie. Du reste, pour elle, s’était devenu un problème de tous les instants. L’appartement étant exigu, les toilettes étaient situées dans l’entrée ; tout à côté du poêle à mazout et de la chambre de sa mère. Le moindre bruit était perçu et, à ce sujet, je ne rentrerai pas dans les détails. Terrorisée à l’idée que sa mère la surprenne, ne sachant comme faire, elle dégueulait son dîner dans un pot de chambre, qu’elle planquait sous son lit. Le lendemain matin, ni vu ni connu, elle ouvrait la fenêtre et jetait le contenu nauséabond qui allait s’échouer, sur le terre-plein de la petite cour arrière.

 

De cette révolution, Christiane gardera inscrit dans sa mémoire, le ravitaillement de vivres que faisait sa mère, qui disait craindre le pire. Les piquets de grèves forcées, sous la menace verbale et physique, barraient la route aux ouvriers qui désiraient travailler. Son beau-père, malgré ses protestations, ne put éviter l'inactivité. Résultat, l’argent ne rentrait plus à la maison et les relations du couple, en pâtit. Les différends entre Giselle et sa cadette, étaient devenus journaliers. La mère, les nerfs en pelote, se déchaînait sur l'adolescente, sans pouvoir se contenir. L'animosité qu'elle éprouvait à l'encontre de sa fille était telle, qu'elle l'empoignait  par les cheveux, en la rouant de coups. En dépit de cette violence, Christiane, répliquait vertement en faisant le maximum pour la provoquer. Ce qui ne faisait qu’accentuer l’hystérie de Gisèle qui ne se contrôlait ni ses actes ni ses propos. Folle à lier, elle s’acharnait sur la pauvre gosse, en ne mesurant pas sa force ni la portée de son comportement. Bernard, pour éviter que sa compagne commette l’irréparable, était maintes fois intervenu.

 

Au regard du charivari et du désordre qui régnaient dans les rues de la capitale et dans tous les établissements nationalisées, la date de son C.A.P. – chouette ! – fut repoussée au mois de septembre. La date maudite arrivée, Christiane, dut s’armer de courage pour freiner son émotivité et faire de son mieux. Hélas, elle eut beau solliciter sa mémoire, elle n’avait pas été assez assidue en cours et, bilan : elle rata l’examen de peu. Sa mère, en lui chantant « Ramona », la traita de bonne à rien, feignante et autres insultes sorties de son répertoire habituel. Le calme revenu, elle se concerta avec son compagnon, pour trouver un remède au problème. Après un long conciliabule, ils décidèrent de l’inscrire chez I.B.M., à des cours d’informatique.

 

Visiblement, le Ricard, ne réussissait pas à  Bernard car, il tomba soudainement malade. Gisèle, décidemment fauchée comme les blés, dut notifier à sa jeune fille, qu’elle devait travailler. « C’est ça, ou tu prends la porte ! » avait-elle rajouté. C’est avec un désarroi non dissimulé, que la jeune fille de dix-huit ans, reçut le message. Tout se bousculait dans sa tête. La menace la faisait trembler d’effroi et c’est désemparée et totalement paniquée, qu’elle se présenta chez son premier employeur, dont la société se trouvait à Saint-Ouen. Quel sale quartier… se disait-elle, le jour "J" en tentant de contrôler l’envie qui l’a taraudait ; s’enfuir loin, très loin… Expédiée au service « comptabilité », elle eut affaire à deux femmes qui l’installèrent devant une machine à calculer, en lui expliquant succinctement, le travail qui lui incombait. Tout au long de son mois d’essai, chaque matin, c’était comme si elle se rendait au bagne. Refusant de se confier à sa mère, elle restait hermétiquement fermée et insondable. En vérité, toutes les additions qu’on lui donnait à faire, s’avéraient fausses. Tel un animal effarouché, elle écoutait déferler les reproches des deux comptables, qui ne plaidèrentt  pas en sa faveur.

 

Au terme de ce mois interminable, son employeur, « Les Etablissements GILBERT » lui remit son solde de tout compte, tout en lui exprimant son mécontentement. Elle sortit en pleurant du bâtiment, avec une forte envie de se jeter du haut d'un immeuble. Christiane, déjà fragilisée par l’intransigeance de sa mère, avait l’impression que le monde s’effondrait autour d’elle. A bout de forces et terrassée par les propos de son ex-patron, elle marchait droit devant elle, sans aucun but. S’estimant seule au monde et persécutée de toute part, ses larmes redoublèrent d’intensité. Elle était tellement nulle, insignifiante et moche ! Sa mère avait raison. C’était une bonne à rien. Elle finira très certainement clocharde. Cette dernière lui répétait assez souvent ! Mais, qu’était-elle venue foutre sur cette terre ! Mon Dieu, je vous en prie, donnez-moi la force de mourir… Ses sombres pensées et la tourmente dans laquelle elle s’engluait, lui déclenchèrent un immense et interminable chagrin. Sans même porter attention aux gens qui la croisaient, elle déverssa des torrents de détresse qui lui semblaient intarissables.

 

Les passants, le regard accroché à sa silhouette chétive, se demandaient sans doute ce qui lui était arrivé, pour qu'elle affiche un tel désespoir.

 

............................................................................................ A suivre

Bonne soirée et bisous à tous.

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Come-Back sur l'ado

................................................................................... 4ème épisode

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C’est à cloche-pied que Christiane arriva à l’adolescence. Elle fut pubère à quinze ans. A compter de ce bouleversement, elle se sentit différente ; dans le sens très négatif du terme. Des étourdissements, des bouffées de chaleur, un mal indéfinissable, vinrent contrarier une vie déjà claudicante. En s’observant des heures et sur toutes les coutures, devant l’armoire à glace de sa chambre, elle déplorait le changement radical de ce corps qui l’encombrait. Ces formes, trop lourdes, la rebutaient. Cette poitrine trop proéminente, ces jambes… tout en elle, la rebutait. Alors que sa sœur Ginette, de cinq ans son ainée, était si belle, si grande et si mince…

 

Christiane, glacée de solitude et de mal-être, pleurait à chaudes larmes. Elle se sentait laide, insignifiante et tellement "attardée"; d’ailleurs, elle ressemblait à un bébé. On lui faisait assez remarquer ! Pour preuve, les garçons de son âge l’ignoraient et, elle-même, les fuyait comme la peste. Par contre, sa meilleure amie, Francesca, était bien dans sa peau. Elle avait un petit ami avec lequel elle avait des rapports sexuels. Inimaginable pour Christiane qui, petit à petit, s’éloignait des filles de son âge. Côté « loisirs » c’était le néant. Elle passait son temps à lire, à écouter des disques, à dessiner ou à rêver. Côté « études » c’était la bérézina et, côté « foyer », ce n’était pas la panacée ! Refermée sur elle-même, elle se sentait incomprise – en particulier par sa mère – . Souvent, elle claquait  la porte de sa chambre, en se surprenant à la détester.

 

Un jour d’incompatibilité d’humeur, afin de lui signifier sa rancœur et ce qui lui grignotait le cœur, elle se saisit d'un cadre posé sur le cosy, dont la photo représentait ses parents en jeune mariées. Ses yeux fixés sur la photo, elle s'en saisit et le jeta de toutes ses forces contre le mur de sa chambre. Et comme si ce n’était pas suffisant, elle s'empressa de déchirer rageusement la photo en mille morceaux. Gisèle, hors d’elle, avait aboyé « De toute façon, tu es comme ton père ; tu finiras clocharde ! ». Choquée par la répartie de sa mère le visage inondé de larmes, elle se laissa aller au désespoir en se persuadant qu’elle n'aurait jamais dû naître.

 

Christiane n’avait aucune idée du métier qu’elle aurait souhaité pratiquer plus tard. Après le certificat d’études, qu’elle avait passé haut la main, sa mère avait décrété qu’elle serait comptable – comme elle – et l’avait inscrite dans une école de commerce, rue des Poissonniers, au métro Château-Rouge ; pas loin de la Butte Montmartre. Ceci dans la perspective qu’elle décroche un C.A.P. d’aide-comptable. Ce qui était utopique car, l’élève, était plus présente dans les rues à user ses semelles, qu’à étudier en classe. La petite gredine, avait un don inné pour imiter l’écriture ainsi que la signature de sa mère. Lors de la remise des carnets trimestriels, son professeur principal, arrivé à la lettre « D », avait scandé devant toute la classe « Ah ! Mademoiselle, Duverny… sacré petit filou ! ». Ceci dit, avec un sourire narquois, elle lui avait tendu son livret, en rajoutant « A l’avenir, Duverny… évitez les ratures !! Ce qui déclencha un éclat de rires général. Sa camarade, Francesca, qui était également sa meilleure amie, fut prise d’un irresistible fou-rire qui lui valut l'ordre de quitter la classe.

 

Un an après l’arrivée de ses premières règles, Christiane, fut terrassée par une angine blanche qui, en réalité, était d'origine diphtérique. Ce qui la cloua au lit pendant deux mois pendants lesquels elle fut gravement malade. Malgré les piqures d'antibiotiques journalières, rongée par la fièvre, elle délirait des nuits durant.  Dès son apparition, la maladie virale, mal diagnostiquée et mal soignée, devait engendrer une prise de poids conséquente de dix kilos. Ce qui, pour la jeune fille, était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase ! Ce fut le déclenchement d’un manège infernal. Traînée de médecin en médecin, l’un d’eux, lui ordonna un régime draconien accompagné d'extraits thyroïdiens. Ayant déjà le sens de l’esthétique et un caractère volontaire, Christiane, s’efforça de respecter ce régime à la lettre afin de récupérer, autant faire ce peu, son poids initial de quarante et un kilos. Avec la faim au ventre, elle pesait ses aliments avant chaque repas et au gramme près ! Malgré cela, son poids stagnait. Il fallait  absolument qu’elle trouve une solution ! Et soudain, une idée lui vint à l’esprit : et si elle se faisait vomir… ? Elle maigrirait plus vite ! Et, en triplant la dose de médicaments, ce serait sûrement plus spectaculaire. C’était simple comme chou…

 

Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt ?? Lorsqu’elle eut atteint le poids de trente-deux kilos, Gisèle, effrayée de voir sa fille marcher dehors en longeant les murs, fit appel à un spécialiste du comportement, qui ordonna une hospitalision immédiate. Christiane fut transportée au service psychiatrique de l’hôpital Saint-Antoine. Sous haute surveillance et en quarantaine. Pesée chaque matin, gavée comme une oie, elle y resta - contre son gré - un mois et demi.

 

Lorsqu’elle sortit, c’était la nouvelle année : 1968. Empêtrée dans une robe qui la boudinait, de retour chez elle, elle prit directement la direction de sa chambre, afin de découvrir sa nouvelle silhouette. L'image que lui renvoya le miroir était grotesque, irréelle. Réprimant un cri et ravalant ses larmes, elle se jura qu’elle ne resterait pas ainsi : énorme !

 

L’obsession, plus que jamais présente, laissait facilement entrevoir l’engrenage qui allait tout droit la pousser dans un précipice.

 

Les tentacules de l’anorexie allaient l’entraîner dans des abysses terrifiants et ce, pendant dix-huit longues années.

   

................................................................................................ A suivre

Tchao, les blogueurs !



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Cher beau papa

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…………...........................................……………………………..  3ème épisode

 

 

Pour ma préférence à moi, le jour officiel de la délivrance, pointait le bout de son nez ; enfin ! Le divorce de Gisèle, sa mère, venait d’être prononcé. « Après dix-huit années d’enfer… » Affirmait-elle, le visage inondé de larmes. Un seul son de cloche car les absents ont toujours tort ! C’est peu de temps après, qu’elle annonça à sa cadette, qu’elle désirait lui présenter quelqu’un. Je précise qu’à l’annonce de cette nouvelle, les deux ainés, Charles-Henry et Ginette, s’étaient caltés sans demander leur reste. Charles-Henry, dix-huit ans, avait squatté chez sa grand-mère, qui habitait un petit deux pièces au rez-de- chaussée d’un immeuble de style, dans 18° arrondissement et, Gigi, dix-sept ans, après une fugue à Provins où elle avait fait les quatre cents coups avec sa meilleure copine, avait exigé son émancipation afin de « vivre sa vie » à son aise. La petite se retrouvait donc seule avec sa maman. L’avantage, non négligeable, était synonyme de tranquillité d’esprit et de sécurité. Alors, que la plupart des enfants souffrent du divorce de leurs parents, pour Christiane, ce fut tout le contraire. D’éternelles grandes vacances… C’était l’accès à une vie nouvelle faite de soirées sans cris ; sans cette peur incontrôlable qui lui avait pourri ses jeunes années.

 

Marcello, son papa, avait définitivement quitté la maison. Au vu de son jeune âge, Christiane, n’y voyait que des avantages. Elle était à mille lieux de songer à son avenir. D’autant plus que sa mère, lui avait ordonné un soir, de la rejoindre dans la salle à manger. Sur la table étaient posés du papier et un stylo. « Assieds-toi. Tu vas écrire à ton père ! ». Surprise, la petite hésita, sans oser rétorquer quoi que ce soit. « Ecris, te dis-je ! ». C’était une lettre de rupture destinée à Marcello, dans laquelle Giselle, au travers de sa jeune fille, déversaient ressentiments et accusations mensongères ; et ceci, dans le seul but que son ex-mari cesse de voir sa fille cadette. Sur laquelle, du reste, il n'avait jamais levé la main. Ce dernier aimait la petite fille plus que tout et cela, Giselle, le savait !! Le cœur lourd, incapable d’envisager les éventuelles conséquences futures, Christiane, dût rédiger ce courrier qui fut posté le jour même.

 

Dans cette affaire, Gisèle, se révéla être une manipulatrice hors pair au détriment de sa jeune fille, mais aussi, elle se montra intraitable et sans état d’âme. Christiane, après trois longs mois d’immobilisation à la suite d’une triple fracture au bras droit, dût se rendre au fameux rendez-vous ; à savoir, sa première confrontation avec son nouveau papa. La rencontre du troisième type se passa dans une brasserie. Le courant passa immédiatement entre l’adulte et la gamine. Elle était âgée de treize ans et… en manque d’affection. Seul bémol à l’affaire, ce Monsieur - encore à découvrir - avait un faible pour le Ricard et Gisèle, naturellement, ne se faisait pas prier pour trinquer avec lui. Cependant, elle était à des lustres de s’arrêter à ce genre de détail ! Au début, tout nouveau, tout beau ! Une voiture pour partir en vacances, l’image d’un père calme et aimant, l’esquisse d’une famille équilibrée, une tante appelée Monique, qui l’a considérait comme sa nièce, une vie plus confortable et sans soucis du lendemain… Que demande le peuple !! Christiane était aux anges ! Toutefois la liaison de Bernard et Gisèle, ne datait pas d'hier ! Pour la simple raison qu'ils travaillaient dans la même entreprise. Lui, était expert-comptable et sa collègue, simple comptable.

 

Leur liaison durait donc depuis un certain temps ( ?). Rien n’est jamais acquis dans la vie et, nombreux sont ceux qui pourraient le confirmer. En effet, trois ans plus tard, leur société ayant déposé le bilan, Bernard et Gisèle, furent licenciés économiques. Cette dernière, retrouva immédiatement du travail dans une librairie mais, son concubin, resta sans emploi, jusqu’à ce qu’on lui propose un poste de « conducteur d’engin » dans un abattoir (Beurk !). Entre parenthèse, Bernard, était indéniablement un non-violent ; toutefois, sa gentillesse excessive, ressemblait comme deux gouttes d’eau à une grande faiblesse de caractère et à de la lâcheté. De fil en aiguille et au fil des jours, on le vit se transformer. Le soir, il rentrait à la maison avec – comme on dit – un coup dans l’aile (pas qu’un), jusqu’à ce qu'il s'endorme sur la table.

 

Et le cercle infernal tant redouté refit surface sur un écran multicolore. Les séances étaient gratuites. Par contre, sans violence. Or, les silences contenus en disent parfois plus long et, son souvent les pires… Le conte de fée s’avéra être un attrape couillons, une chimère, un mirage dans un désert sec et brûlant.

 

………………………………………………………………………………… A suivre

 

Si you tomorow, les Blogueurs….

 

 

 

EXPRIME-TOI SANS TABOU

 

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LIRE L'ARTICLE CORRESPONDANT "AU NOM DES ANIMAUX ET DE LEUR AGONIE"

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Les jolies colonies de vacances

 

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......................................................... 2ème épisode

La famille DUVERNY, ainsi que ses trois enfants, habitaient au premier étage d’une H.L.M., de Paris 18ème. Trois pièces, sans entrée et sans salle de bain, avec des cabinets à la « turc ». La toilette, qu’elle fût intime ou non, se faisait dans l’évier… Un étroit balcon donnant sur une cour servait à étendre le linge et à entreposer des objets hétéroclites. Christiane, ainsi que ses ainées, partageaient - non sans chamailleries - une chambre exiguë et particulièrement glaciale les mois d’hiver. Pour cause : elle était attenante à celle de leurs parents et ceux-ci, tenant à préserver leur intimité, étaient seuls à profiter du poêle à mazout qui ronronnait toute la nuit. Chaque matin, les gosses se ruaient vers la porte d'entrée, qu’ils s’empressaient d’ouvrir ; laissant ainsi échapper la chaleur bienfaitrice qui leur faisait cruellement défaut. Ah ! Ce n’était pas Noël tous les jours ; c’est le moins que je puisse dire ! A cette époque, certes bénie à certains niveaux, c’était « Niet » pour les aides de toutes sortes susceptibles d’être versées par l’Etat providence ! Il fallait s’assumer, se prendre en mains et se bouger le popotin, pour aller gagner sa croute. Pour celui qui cherchait du travail en rêvant de ne pas en trouver, il n’y avait pas d’autres alternatives que d’aller crever sous un pont ! Bref, les mois et les années s’écoulaient, entrecoupés d’engueulades incessantes, de punissions, de coups et de traumastismes d'enfants ; des enfants qui se terraient dans leur chambre en se bouchant les oreilles.

Pourtant, Gisèle et Marcello, s’étaient jurés fidélité ; et tout et tout… devant Monsieur le Maire, puisque que l’Eglise leur avait été interdite. Mademoiselle, ne jouait pas que du blues mais, avait caché l’essentiel à ses parents. Ayant fauté avec Marcello, un jeune homme rencontré au bal, elle s’était découverte enceinte. De Charles-Henry, le S.S. en herbe, qui vint au monde le 24 décembre 1944. Atterrée, la future mère, dut se résigner à tout balancer à ses parents. Faute avouée, à moitié pardonnée… ? Fallait pas rêver ! Après un bon savon, ses derniers, signifièrent à l’origine de leur malheur, ledit Marcello, d’épouser leur fille sur le champs ! Les parents du fruit défendu, tous les deux âgés de dix-huit ans, s'engagèrent sans grand enthousiasme dans l’aventure du mariage. C’était ainsi. «Tu es enceinte de ce garçon ? D’accord. » «Es-tu consciente de la honte que tu nous infliges… ? Eh bien, ma fille, maintenant, il te faut assumer. Il ne te reste qu'une chose à faire ; épouser le père de l’enfant. Tu as entendu ?? » Et pas question de répliquer… Charles, le père de Gisèle, un militaire de carrière qui s'était battu lors des colonies françaises, était impartial. C’est ainsi, que Gisèle, enceinte jusqu’aux dents, épousa Marcello le 06 juin 1944, pour le meilleur et surtout... pour le pire !

 

L’argent était une denrée rare au sein du  foyer. Les tournées que Marcello payaient pendant le temps passé au troquet, n'étaient pas données ! Aussi, la cadette, pendant les vacances scolaires, était expédiée en colonie de vacances chez les bonnes sœurs. Ouf, une bouche de moins à nourrir ! Mauvaise pioche car, la petite, avait une peur viscérale de tout ce qui correspondait, de prés ou de loin, à des religieuses. Terrorisée, elle faisait des cauchemars et se réveillait mouillée… Plus tard, Gisèle, eut l’opportunité de l’envoyer passer les vacances scolaires, chez des paysans du Doubs. Les « Maillaux », étaient de braves gens, sans problème, gentils avec les enfants, honnêtes et travailleurs. Chez eux, Christiane, telle une jeune pousse pressée de grandir, ne cessait de s’épanouir. Elle devenait enfin une petite fille comme les autres, sans anxiété particulière, heureuse de jouer avec les enfants de son âge. Jadis, au début des années soixante, les étés étaient chauds et ensoleillés. Le soleil, offrait sans compter ses rayons bienfaisantsaux pensionnaires qui séjournaient chez ces paysans. Les après-midis au cours desquels les fermiers travaillaient aux champs, les enfants, installés à l’ombre d’un arbre, pique-niquaient, jouaient à la poupée, ou bien s’amusaient à observer le ciel, en comptant les nuages. Les crises de foie, les diarrhées, les boules à l’estomac et le troufignon à zéro, n’étaient plus qu’un mauvais souvenir ! Entourée de nature et d’animaux, le quotidien de Christiane, semblait plus attractif et plus serein. Cependant, au tréfonds de son âme, elle savait parfaitement que tout n’était qu’illusion et que, comme on le dit souvent, « c’était reculer pour mieux sauter ».

 

Un fait incontournable la taraudait : son retour au bercail.

 

…………………………………………………………… A suivre

 

Bye, les blogueurs !

 

 

 

 

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Les premiers pas

 

Avant d'aborder ce récit vécu et non imaginé, d'une destinée très riche en rebondissements, j'aimerais vous préciser ceci :

 

A toi, qui est jeune, arrogant et crois déjà tout connaître de la vie, ne désespère jamais ; bats-toi !! Sache que si tu ne perçois rien des êtres qui veillent sur toi et qui restent invisibles à ton regard humain, ceux-ci sont pourtant présents pour t'aider, te protéger et tenter de te transmettre leur amour. Tu as aussi  - comme tout à chacun, un Ange Gardien dont la mission principale, est de te conseiller et de veiller sur toi.

 

N'hésite-pas à le contacter, à lui parler ; il a été mandaté par Dieu Lui-Même ! Si tu en ressens le besoin, ne crains pas de lui demander son aide et son appui !

 

 

Exprime, sans retenue, ta tristesse et ta peine, si tu en ressens le besoin. Pleure tout ton saoul ! C'est une émotion naturelle... Continuellement réprimée, elle devient une dépression chronique ! Lorqu'on nous permet d'exprimer notre peine, nous nous en  débarrassons ! Les enfants à qui l'on permet d'être tristes, lorsqu'ils arrivent à l'âge adulte en ayant une attitude très saine avec la tristesse, passent rapidement à travers celle-ci.

 

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Exprime ta colère. C'est un sentiment naturel car, réprimée, elle devient de la rage ! C'est l'outil qui permet de  dire :"Non, merci." Elle ne doit pas être offensante et ne doit jamais nuire à personne.

 

 

 

L'envie est une émotion naturelle qui t'amène à vouloir refaire les choses, à fournir plus d'efforts, à continuer à lutter jusqu'à ce que tu y arrives ! Il est très sain et très naturel d'être envieux ! L'envie, continuellement réprimée, devient de la jalousie ; une émotion pas  du tout naturelle...

 

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La peur, est également une émotion naturelle. Le but de la peur est de permettre à l'individu d'intégrer un peu de prudence. La prudence est un outil qui aide à garder le corps en vie. C'est une excroissance de l'amour. L'amour de soi. La peur continuellement réprimée, devient de la panique, une émotion pas du tout naturelle.

 

 

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L'Amour est une émotion naturelle. Lorsqu'on laisse l'enfant l'exprimer et le recevoir normalement et naturellement, sans limite ni condition, sans inhibition ni gêne, il n'exige rien d'autre. Car la joie de l'amour exprimé et reçu de cette façon, se suffit à elle-même. Mais l'amour conditionné, limité, faussé par les règles et les règlements, les rituels et les restrictions, maîtrisé, manipulé et retenu, n'est plus du tout naturel. L'amour sans cesse

 

 

 

Les enfants auxquels ont fait sentir que toutes ces émotions ne sont pas naturelles et pas correctes, qu'il est mal de les ressentir, qu'il est mal de les exprimer et qu'en réalité, ils ne devraient même pas les ressentir, auront des difficultés, une fois devenus adultes, à être en contact toutes ces émotions - pourtant naturelles - d'une façon appropriée.

 

 

A cause de ces contraires cités plus haut, des gens ont tué. Des guerres ont éclaté. Des pays et des civilisations se sont effondrés. Ainsi, les émotions naturelles, lorsqu'elles sont réprimées, produisent des réactions et des réponses qui ne sont pas naturelles. Et chez la plupart d'entre nous,  l'ensemble de ces émotions sont réprimées. Pourtant, ce sont nos amies ; tes amies ! Ce sont nos dons ; tes dons !

 

Nous recevons ces outils à la naissance. Ils sont là pour nous aider à négocier la vie.

 

Inspiré du livre 3 de "Conversation avec Dieu" de Neal Donald Walsch

 

Des idées négatives, une perception erronée de ta vie, peut conduire au pire !  Aussi, les enfants, réalisez que vous avez la beauté du diable (la jeunesse) et qu'il est sacrilège de la gâcher et de la détruire, en utilisant des produits destructeurs tels que la drogue, l'alcool, etc.. Nous avons tous un but dans la vie. Or, il faut parfois un long cheminement et acquérir quelque peu de connaissances et d'expériences, pour comprendre et découvrir, quel est notre but essentiel. Une mission bien définie que nous avons choisie avant de naître, nous a été octroyée tout le long de notre plan de vie.

 

Vous n'êtes pas là par hasard ; loin s'en faut !

 

D'ailleurs, le hasard existe-t-il ? Je ne crois pas ! Si vous avez la santé et la liberté, que demander d'autre ?? Le corps et l'Esprit disposent du reste : le courage, la volonté et le droit de choisir entre le BIEN et le MAL

 

Si vous voulez bien vous fier à mes acquis, jeunes gens, sachez que comme vous, j'ai  douté, j'ai hurlé à l'injustice, j'ai pesté contre Dieu et mes parents, je me suis fait du mal en étant persuadée que j'étais une erreur... Surtout - CECI EST FONDAMENTAL - n'interrompez  pas votre destinée, car aller jusqu'au bout du chemin, c'est comme gagner le Marathon de Paris ou la Coupe du Monde de Football, avec à la clef, le retour aux sources ! Et vous vous apercevrez pas vous-mêmes, qu'une fois arrivés à destination, tous vos efforts pour supporter parfois l'insupportable et l'incompréhensible  -pour la majorité des gens -n'aurons pas été vains !!

 

Quant à vous, les moins jeunes, les seniors et âmes en fin de vie, je vous conseillerais de garder confiance et d'avoir la foi en un Dieu unique, intelligent, bon et miséricordieux. Dieu comprend tout, voit tout et est partout à la fois ! Nous ne sommes qu'une seule et unique entité ! Ce que nous appelons la "Mort", n'est qu'un passage vers une autre vie plus palpitante : le retour à la maison ! Un monde parsemé d'amour pur et de compassion. Là, vous retrouvez vos parents et enfants chéris ainsi que vos animaux. Tous plus radieux et plus lumineux que jamais.

 

En fait, qu'y-a-t-il de plus précieux que l'Amour ?? 

 


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Seul, l'amour pourra sauver les êtres humains !

 

 

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........................................................................................... 1ère épisode

 

Les premiers pas

  
Au préalable, permettez-moi de vous confier ceci : mon Essentiel ne fut pas une enfant désirée. Lorsque sa maman se sut enceinte, elle fit tout ce qui était en son pouvoir à l’époque, pour se débarrasser de l’embryon. Une obsession : AVORTER ! En ces temps, en France, l'avortement était interdit et lourdement puni ! Dans le seul but de décrocher l'oeuf qui ne cessait de grandir en son sein, sa mère,  risqua le tout pour le tout ! A maintes reprises, elle se laissa dégringoler du haut de l’escalier qui menait à l'appartement familial. Ou encore, elle s'affligea des coups violents sur le ventre, dans l'espoir de provoquer une fauche couche... Peine perdue car, comme le Tout Puissant l’avait envisagé, l’enfant arriva un beau jour de septembre, en braillant à pleins poumons. Au moment même où la nature et les arbres vont doucement recouvrir les trottoirs et les jardins publics de leurs feuilles mordorées... La petite fille, vint au monde souffreteuse, avec un mois d'avance. Ce fait, était-il dû aux mauvais traitements qu'elle avaient subis, pendant les premiers mois de gestation ? Madame la Fée, qui avait été mandatée le jour de sa naissance afin se pencher son berceau, ne crut pas utile de se décommander. Comme toutes les Fées, surbookée et surmenée, elle était sans doute partie en vacances aux Seychelles… Déjà en péril, Christiane DUVERNY, vint au monde le 08 septembre 1950, à l’hôpital Bichat, dans le 18° arrondissement. Elle était le fruit de Marcello DUVERNY, soudeur en chauffage et de Giselle GAUTHIER, comptable.

Les premiers mois de l'existence du nouveau né se passèrent dans une atmosphère lourde de tensions et d’agressivité. Comme tout à chacun, l'enfant, n'avait pas demandé à venir au monde. Des diarrhées à répétition, d’origines hépatiques, la précipitèrent à trois reprises jusqu'aux frontières de la mort. Aux alentours de cinq ans, Christiane, fut envoyée à Briançon, pour un voile aux poumons et vers sept ans, le médecin ayant diagnostiqué une scoliose sévère, ordonna un long séjour dans un établissement spécialisé à Hendaye, à proximité de la frontière espagnole. Le traitement dura un an. Douze mois de terreurs noctures, de frustrations et de sentiment d'abandon, dus à l'éloignement et à l'absence de sa mère. Les dix premières années de sa vie se passèrent entre un frère et une sœur qui la considéraient comme une intruse. Une longue période où elle fut leur souffre-douleur et leur bouc-émissaire. Son frère, Charles-Henry, - tout particulièrement -,  prenait un plaisir sadique à la pendre par les pieds. Egalement bourreau d’animaux sans défense, il infligeait le même traitement à « NEMO » le chat de la maison, qui souffrait d’une maladie cardiaque.

En outre, au sein du foyer, l'ambiance n’était pas des plus sereines… Une grande majorité d'êtres humains se targue de tout savoir et se permet de nier certaines évidences. Aussi, sont-ils convaincus de n’avoir rien choisi lors de leur arrivée sur Terre. Loin s’en faut ! Car, qu’ils me croient ou non, rien ne leur a été imposé ! L'âme, avant de s’incarner dans le ventre de sa future mère, connait son plan de vie sur le bout des doigts. Sa destinée, en concertation avec Dieu et des esprits hautement élevés, a été sérieusement étudiée et ce, dans ses moindre détails. Ses parents, ses amis, son pays, ses conditions d’existence, ses joies, ses tentations et ses futures épreuves. Jusqu’au physique, tel que la couleur des yeux et des cheveux, la morphologie, les traits du visage et les antécédents… Dieu, dans sa toute miséricorde, n’impose rien à ses enfants !! Or, si l’âme souhaite évoluer, elle ne pourra échapper à ses multiples existences durant lesquelles, elle devra être éprouvée par un chemin de vie plus ou moins long et pénible. La seule voie à suivre si l’on veut se rapprocher de l’Amour de Dieu…

 

C’est avec une sensation d'angoisse localisée au niveau de plexus solaire que, Christiane, revenait tous les soirs de l'école. Une peur insurmontable lui nouait l’estomac et se cramponnait à ses tripes, pareille à une sangsue qui n’aurait de cesse de lui pomper le sang. Son père, auquel elle était très attachée, rentrait  la plupart du temps salement éméché, après une longue pause au café du coin. A peine avait-il franchi le seuil de la porte, qu'il cherchait déjà des noises à sa femme. Reproches, suspicion, etc... La malheureuse, répondait à ses provocations, en balançant la vaisselle contre les murs et en lui exprimant à force de cris, ses propres griefs.  Lors de ces scènes, devenues quotidiennes, se souciait-elle du devenir mental de sa progéniture… ? Certes, pour Gisèle, il était nerveusement impossible, qu’elle restât de marbre face aux  insultes et aux humiliations de son mari. Quand Marcello cognait, un magma de haine et de folie la vampirisait à un tel paroxysme, qu’elle en perdait - momentanément - la raison. Les coups de ceintures pleuvaient pour un oui ou un non sur Charles-Henry et Ginette, les ainés, qui hurlaient de peur et, l’extrême violence dont leur mère était victime, s’accompagnait de cris et de pleurs que les voisins feignaient d’ignorer. Christiane, en larmes et auditrice en herbe de ces tragédies coutumières, tentait de s'immiscer entre ses parents,  en les implorant de se réconcilier. Qu'ils cessent enfin d'en venir aux mains. Qu'il règne un fois pour toutes au sein de la famille, le silence, la paix et l'amour, auxquels tout enfant est en droit de prétendre. Christiane, en sa qualité de benjamine, fut la seule à être épargnée par la brutalité de son père. Sans doute parce qu'à l'âge qu'elle avait, elle ne possédait pas la faculté de répondre. Alors que ses ainés,  répliquaient et se rebellaient contre le despotisme de leur père. Néanmoins, le subconscient de leur petite soeur, enregistrait chaque bride, chaque geste et chaque séquence, de ce long métrage à la Zola.

Lors de démêlés plus féroces que les précédentes, Marcello, n’hésita pas à sortir son cran d’arrêt qu’il appelait son «schlass» et qui ne quittait jamais sa poche. C’est ainsi que Gisèle, grâce à la dextérité et à la présence d’esprit de son fils ainé, échappa de justesse à la mort…

................................................................................ A suivre

 

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Ciao, les blogueurs !

 

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une bonne idée...?

 

 

Tout bien réfléchi, pourquoi n'y avoir pas pensé plus tôt ? Si j'en crois mon avis de simple partenaire, il est beaucoup plus confortable de faire ses confidences ou de mettre sur la table, ses avis et conceptions les plus secrètes à des milliers d'internautes, voire, des millions, que de se confier à celle ou celui que vous pensez digne de foi et qui, plus ou moins à brève échéance, vous trahira, vous jalousera ou, pire... vous condamnera ! 

 

Mon Essentiel veut exorciser le mal en l'étalant sur la toile.

 

 

Elle qui est si sauvage et si pudique quant à sa vie et à ses sentiments, si méfiante, toujours planquée dans je ne sais quel monde mystérieux, a pris la mure décision de se dévoiler devant la France entière. Depuis sa plus tendre enfance, elle porte sa vie tel un fardeau qui lui a pesé et lui pèse encore. Comme le Christ à fait son chemin de croix, Christiane, depuis soixante ans déjà, chemine à taton dans les sombres détales de sa destinée.

 


Un conseil d'ami : découvrez-là, mais, surtout pas trop vite.... Certes, mais pas tout de suite, sans trop d'impatience... Sachez d'abord l'apprécier, l'analyser, la comprendre et peut être, au fil de la narration, vous chercherez à lui parler, à la rencontrer ; que sais-je... et pourquoi pas, par finir par l'aimer...?

Observez-bien son strip-tease ; tout en souplesse et délicatesse. Sachez lire entre ses mots, qui ont été triés et rigoureusement sélectionnés ! Qu'ils soient vifs, coquins, frappants, mous, surprenants, tordus, handicapés, fins, spirituels, érudits, etc.

 


Alors... jour après jour, tout en douceur, démasquez-nous !!

 

 

 

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Pourquoi ??

 

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Elle et moi gagnons à être connus ! Ma Préférence à moi est prête à se déshabiller. Je vous promets de tout vous rapporter sur son destin de combattante :

 

 

 son enfance assassinée, ses parents, ses amours, ses déconvenues, ses espoirs avortés, sa perception de la vie et des êtres humains et de ce monde en perdition, que représentent près de huit milliards d'homosapiens.



A très bientôt.

Je vous embrasse tous.

     


 

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